Bonjour mes Lumineuses et Lumineux,
2025 a été une année de rude et lumineuse.
Une année vraie, dense, exigeante, parfois rêche, souvent épuisante, mais profondément juste, structurante.
Une de ces années où l’on enracine, où la lumière s’ancre.
Beaucoup de choses se sont faites dans l’ombre, dans le silence du travail, dans l’endurance plus que dans l’élan.
L’année a commencé par un document très important que j’attendais avec impatience et joie confondues.
Un document obtenu après des démarches administratives auprès de la CMA de mon département dans un délai d’une quizaine de jours.
Il s’agit de ma carte de marchand ambulant, celle qui me permet d’être présente, avec mon échoppe itinérante, sur les médiévales et les marchés.
Cette carte est probablement un détail sans importance pour certains, mais un véritable seuil pour moi car elle fût le signe, que j’avais le droit d’être là.
Lorsque j’ai franchi ce seuil, il m’a fallu faire tout le reste.
J’ai cherché, postulé, envoyé de nombreux dossiers afin de participer à de nombreuses médiévales au cours de l’année.
J’ai attendu des réponses, des acceptions et j’ai été confrontée également à des silences, heureusement peu nombreux.
Cette année a aussi été marquée par un nombre important de médiévales, plus d’une quinzaine.
J’en garde des souvenirs plein la tête.
Des rencontres sincères, magnifiques où de profondes amitiés sont nées, dans le respect, la discussion, la passion communes.
Des clients d’une gentillesse rare, d’une douceur profonde, avec une grande lumière véritable.
Il y a eu les fous-rires, les repas partagés avec les troupes, de la bienveillance.
L’Histoire racontée, transmise, respectée.
Et puis quelques lieux, fort heureusement très peu, où je sais que je ne retournerai pas.
Des publics difficiles, parfois agressifs, souvent fermés à l’Histoire réelle, réfractaires à la politesse et au respect élémentaires.
Cela fait partie du chemin, mais croyez-moi, j’en ai tiré des enseignements.
Et pendant que ces démarches trouvaient leur chemin, en parallèle, un autre travail avançait, plus lent, plus souterrain.
Un travail de recherches qui a occupé une place centrale importante avec de très nombreuses lectures, des prises de notes, des recoupements…
Plus de cinq mois consacrés à la collection Artéfacts et l’écriture de son article.
Des mois entiers consacrés aux trésors anciens découverts au fil des siècles, aux arts celtiques, nordiques, médiévaux, à l’histoire de chacune de ces trouvailles archéologiques.
Dans le même mouvement, j’ai effectué le même travail de recherches approfondies (plus de six mois) pour l’article consacré aux fleurs, herbes et plantes de Litha, leurs usages anciens, les savoirs transmis que les anciens peuples Celtes et Nordiques nous ont légués.
A savoir, ce qu’ils mangeaient, récoltaient, faisaient sécher, utilisaient pour se soigner, créaient des boissons, rituels, dons aux divinités.
Puis le temps de l’écriture, indispensable.
Puis encore, huit mois de recherches approfondies sur la Pomme dans les mondes nordique et celtique.
Le brouillon est rédigé, il me reste à rédiger sa version finale.
De ces mois de lectures, de recoupements et d’exploration sont nées les créations de la collection Artéfacts, des bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques, pensés comme des fragments d’Histoire rendus portables.
Chaque pièce est née d’un dialogue entre les métaux, les gemmes, les plantes, et les usages anciens. Tout y est intention.
Dans ce même mouvement s’est inscrite l’obtention de mon diplôme d’herboriste.
Obtenu après des mois de travail, d’apprentissage, de récoltes, d’observation, d’études.
J’ai ressenti une joie immense car il est en parfaite cohérence avec mon métier et un véritable prolongement de mon travail.
Comprendre ce que les anciens Nordiques et Celtes cueillaient, mangeaient, utilisaient pour se soigner.
Comment ces plantes entraient également dans des rituels de protection, de guérison, de fécondité, d’appels aux divinités ont nourrit le savoir que je transmets dans mes articles, mes recherches ainsi que dans mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques.

Il ancre encore davantage mon travail dans le vivant et dans mon cheminement personnel.
Au cours des mois qui ont suivi, je suis entrée en contact avec des archéologues et historiens, en lien direct avec les mondes nordiques et celtiques, mondes qui nourrissent mon travail.
Ces échanges ont été précieux et profondément alignés avec ce que je transmets par mon écriture, mes créations et mon travail de passeuse d’Histoire.
Ces échanges ont ouvert des portes, mais encore fallait-il les traverser et donner corps à ce qui avait été transmis.
Puis il a fallu rendre tout cela visible, juste et cohérent.
Les shootings photos de la collection Artéfacts reportés, encore reportés, à cause du mauvais temps et enfin réalisés.
Toutes les fiches produits écrites par mes soins avec descriptions, histoire des gemmes, plantes, métaux, ce qu’ils apportent quotidiennement et dans le long terme et les intentions déposées dans chaque création.
J’ai effectué également un travail colossal sur le SEO mois après mois afin que mon site soit trouvé, compris, respesté.
J’ai suivi plusieurs formations en communication, marketing moderne et stratégie de vente afin de continuer d’affiner.
Elles ont renforcé mes acquis, clarifié mes valeurs entrepreneuriales, confirmé une chose essentielle, je sais exactement où j’en suis, et où je vais. Parfaitement alignée.
Au cours de l’année, une reconnaissance est arrivée sans faire de bruit mais avec un poids énorme, la mention Maitre artisane.
J’ai été saisie par une fierté profonde, silencieuse et émotionnelle car cette mention, est la reconnaissance de mon parcours, de mes années de travail acharnées, d’exigence, de la plus stricte des rigueurs et de mes valeurs entrepreneuriales.
Puis il y a eu les premières ventes physiques, lors des médiévales estivales.
Je ne m’y attendais pas et l’émotion fût brutale.
J’ai versé de grandes larmes de joie, j’étais profondément émue car ces personnes n’ont pas pas seulement vu des bijoux sur un énième stand. Elles ont vu au-delà de la matière, elles ont ressenti avec le coeur et l’âme, les intentions déposées dans chacun de mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques.
Elles ont ressenti, décelé, la lumière, l’amour, la guérison, le don, la confiance, la bienveillance… ainsi que mon professionnalisme.
J’ai ressenti ce jour-là quelque chose de très fort, qui transcende toutes les émotions les plus belles.
J’ai ressenti un énorme amour, une magnifique reconnaissance et une profonde justesse car mes bijoux touchent véritablement, profondément.
Tout au long de l’année, cette reconnaissance s’est élargie dans mon art, mes connaissances, mon savoir-faire d’artisane joaillière-bijoutière, mon expertise ainsi qu’auprès de mes pairs, mes clients, la communauté Le Chêne Enchanté, pas uniquement comme passeuse-conteuse d’Histoire et de lumière mais également comme créatrice de lumière et du mieux-être, chercheuse, écrivaine-historienne des mondes celtiques, nordiques, médiévaux, nature, artisane joaillière-bijoutière engagée.
Fin février, Le Chêne Enchanté a fêté sa première année d’existence.
Un an de fondations posées, de graines semées, de racines ancrées dans la Terre.
Trois ans de travail immense en amont.
Ce n’est qu’un début, mais il est fort, solide tel un chêne centenaire en pleine forêt.
Donner, transmettre, accompagner fait partie de qui je suis, mais cette année m’a appris une chose essentielle, tout don a besoin de limites pour rester juste.
J’ai aussi beaucoup donné au cours de l’année 2025, conseils, temps, expertise, aide, souvent gratuitement, par plaisir, par transmission, par coeur.
Mais cette année m’a appris que mon savoir a une valeur et qu’il mérite d’être respecté comme tel, c’est pourquoi à partir de 2026, mon expertise et mes conseils techniques seront proposés de manière cadrée, valorisée selon la demande. Il deviendront payants.
Je précise néammoins que cela ne concerne aucunement l’écoute, ni l’orientation, ni le simple fait d’aider une personne à trouver le bijoux talisman-guide qui l’appelle.
Cela concerne un savoir-faire spécifique, technique, des années de pratique et une responsabilité professionnelle.
Un geste fût également posé dans la lumière avec la création de la carte cadeau physique et virtuelle Instant de lumière.
Cette carte cadeau a demandé deux mois intenses de travail très rigoureux, exigeants.
Un long projet où j’ai croqué plusieurs fois dans mon carnet de dessins pour enfin coucher sur papier, l’image que je voyais dans mon esprit.
Les mots, les traits, les intentions, la matière, les énergies, les dimensions et cette image spécifique que je voulais transmettre dans une seule carte…
Puis, j’ai choisi le papier, le grammage et l’impression d’une ébauche, comme un test pour voir si le rendu était, le miroir de cette image que je voyais depuis des mois dans mon esprit.
Pour ce faire, des allers-retours incessants ont été réalisés avec les imprimeurs pour que ma charte graphique soit strictement respectée. Je n’ai rien laissé au hasard car la carte cadeau Instant de lumière est également un talisman et je devais faire en sorte que le support soit à la hauteur des intentions qu’il porte.
Au cours de l’automne, j’ai reçue une invitation précieuse.
J’ai été choisie, invitée à participer au Sommet What’s Next (2ème édition) parmi des milliers d’artisans, d’auto-entrepreneurs, de créateurs, d’infopreneurs.
J’ai perçu cette invitation comme une grande reconnaissance extérieure, forte, silencieuse mais très réelle.
Elle a été la confirmation que ce que je construis, résonne au-delà de mon propre cercle, au-delà de ma communauté.
Depuis septembre, je me suis projetée vers l’année suivante, j’ai rempli de nombreux dossiers de candidatures pour les médiévales 2026.
Certaines acceptations sont déjà arrivées avec des organisateurs qui m’ont renouvelé très tôt leur confiance, d’autres se font encore attendre.
Le futur commence à se dessiner doucement, calmement, solidement avec des nouveautés à vernir, bagues, pendentif, bracelets, fioles d’intention, croquis en germinantion. Quatre ont vu le jour pour l’instant. Je n’en dis pas plus.
Au milieu de ces élans vers demain, j’ai posé un regard, sur le chemin parcouru.
J’ai écris un article un peu à part prénommé, Les Perles des médiévales : Chroniques d’une artisane entre passion et absurdités.
Ce texte est né de mon observation du terrain, de toutes les situations que j’ai vécues.
Je l’ai voulu humouristique même si certaines situations, scènes ou remarques de certains publics très réfractaires, irrespectueux et impolies ont piquées.
L’humour est parfois une manière d’exprimer les choses le plus authentiquement possible.
Puis la matière a repris sa place et dans cet élan, une nouvelle matière s’est ajoutée à mon univers.
Le verre, matière instable, exigeante, vivante tels l’argent-cuivre que j’affectionne tant.
J’ai obtenu après une formation qui a duré des mois, entre exercices et rigueur, mon acréditation pour travailler le verre dans mon art et ses techniques.
C’est pour moi, une continuité car le verre dialogue avec l’association unique au monde que Le Chêne Enchanté fait naître dans ses bijoux talismans-guides historiques éthiques en argent-cuivre. Il enrichit mon univers.
La maîtrise de mes matériaux n’efface aucunement ce qui l’entoure.
Derrière mes techniques, ma précision, la finesse de mes gestes, existe un autre réel, moins visible, brut et plus rude car toute création sincère, authentique a son revers et l’année 2025 n’a pas été faite que de lumière.
Cet envers du décor ne se distingue pas immédiatement.
Vous ne le trouverez pas en photographies, ni exposé sur les réseaux, ni sur le stand de mon échoppe itinérante car il se traverse de plein fouet dans un fracas silencieux.
Il existe une autre vérité rugueuse et formatrice derrière mes bijoux, mes recherches, vos mots, accueils, bienveillance et les médiévales.
Certaines expériences nous obligent à apprendre, reconnaître les bonnes et les mauvaises choses telles que les tentatives d’arnaques dont certaines personnes mal intentionnées n’hésitent pas à mettre en place pour piéger les autres.
Tout au long de l’année, j’y ai été confrontée entre les personnes mal intentionnées, les escrocs, les pratiques douteuses, les approches contestables qui n’avaient rien à voir avec mon métier, mon éthique, ni ma manière de travailler.
Des pseudo-lapidaires qui me contactent directement sur les réseaux sociaux sans un bonjour, ni politesse avec des photographies floues de gemmes dont je ne connaîs ni l’orgine, ni l’histoire, ni les conditions d’extractions et encore moins la réelle provenance.
Je refuse systématiquement, catégoriquement, mais ils insistent quand même, reviennent, forcent, mais je ne travaille pas ainsi. Je choisis une pierre pour l’énergie qu’elle dégage, son histoire, mais également ses qualités comme sa dureté, sa densité, sa couleur…
D’autres encore envoient des images de pierres dans un état de détérioration avancée, des pierres impropres à tout travail joaillier sérieux et lorsque je refuse toujours poliment, leurs réponses sont violentes. Insultes, tentatives de signalement de ma page professionnelle, messages déplacés, voires sexuels…
Certains sans honte et sans vergogne se servent de mon travail comme vitrine en commentant sous mes publications pour se faire de la publicité avec des photographies sales, hors de propos, des pierres qu’ils ont trouvées en brocante, ou alors achetées à bas prix à l’étranger et revendues sans transparence, sans éthiques, sans respect au prix fort en France.
Je refuse ici également de participer à cela et là, les commentaires disparaissent, mais les représailles continuent autrement avec des identifications abusives de mon entreprise sur des pages étrangères pornographiques, de jeux ou encore de paris.
Les procédures pour faire retirer ces contenus illicites sont très longues, et me prennent également beaucoup d’énergie, de temps, et me détournent de mes créations.
Ces dérives n’ont pas été les seules épreuves de l’année.
Certaines viennent de l’extérieur, d’autres prennent des formes plus directes, plus frontales et encore plus malhonnêtes.
Refuser ces pratiques, poser des limites, dire non ne suffisent pas toujours.
Certaines personnes ne cherchent pas à collaborer mais à profiter.
Et lorsque la porte reste fermée, elles tentent de passer par la culpabilité, la manipulation ou l’intimidation.
En début d’année 2025, j’ai été confrontée à plusieurs tentatives d’arnaque via les réseaux sociaux avec certes des approches différentes, mais avec un même fond, obtenir des bijoux gratuitement ou à vil prix par des stratagèmes malaisants, en jouant sur la culpabilité, la flatterie, la pression et l’intimidation.
La première a choisi une manipulation affective.
Elle m’a tutoyé d’emblée, sans me connaître, sans se présenter et dans la foulée m’a dit «tes bijoux sont trop chers. Ils sont beaux, mais je suis pauvre. Je ne pourrai jamais m’en acheter. Tu ne voudrais pas m’en envoyer un gratuitement ? Je te ferai de la publicité. Ça aiderait ton entreprise à décoller, parce que franchement, elle est au ras du sol.»
Je n’ai rien contre le tutoiement que j’emploie après rencontré plusieurs fois une personne, un client, ce qui à mon sens, est parfaitement normal, mais ici, cela était déplacé.
Puis son jugement était très méprisant, insultant. Juger mes prix justes sans connaître mon travail, mon éthique, mes matériaux, ni leur provenance, ni leur histoire, ni le temps de recherches, ni les techniques joaillières employées sont d’une condescendance absolue.
Elle n’a rien vu, rien ressenti, n’a pas cherché à comprendre.
Et que dire, de se dire « pauvre » pour exiger un bijou gratuit, d’autant plus que j’ai mis en place, depuis plus d’un an, des paiements en plusieurs fois, sans frais.
Elle n’a pas cherché de solution, n’a rien voulu payer.
Ce comportement s’appelle du vol.
Et quant à la promesse de faire de la publicité si je lui envoyais gratuitement un bijou, elle était vide puisqu’elle n’avait aucun public. Il n’y avait pas non plus de cadre, ni de contrat qu’elle aurait pu me proposer de signer afin de l’engager à faire ladite publicité…
Mon artisanat d’art n’est pas fait pour tout le monde, je ne vends pas à n’importe quoi, n’importe comment, je ne fais pas de produits achetés en Chine à bas coût et revendus à la chaîne sur les marchés à double prix d’achat.
Mon artisanat d’art a un prix et j’ai toujours choisi la qualité plutôt que la quantité.
Lorsque je lui ai dit non poliment, sa réaction fût immédiate, une floppée d’insultes, de tentativement de rabaissement, de dénigrement que je ne citerai point ici et pour finir; un signalement de la page professionnelle de mon entreprise.
Ce type de comportement est loin d’être isolé et prend quelques fois des formes plus froides voires cyniques.
Lorsque ce n’est pas l’affect qui est utilisé, c’est le vernis du sérieux avec des mots choisis spécifiquement et une posture faussement professionnelle, mais avec la même logique, dévaloriser, acheter à vil prix en cherchant par tous moyens, à détruire ce qui ne se pas prendre.
Quelques mois après la première tentative d’arnaque, un homme vivant en Angleterre m’avait contactée via la page professionnelle de mon entreprise sans un bonjour, ni présentation, seulement «je suis intéressé par vos bijoux.»
Il avait joint à son message des captures d’écran de mes créations, prises directement depuis mes publications, des images utilisées sans autorisation, ce qui constitue une infraction voire un vol.
Il m’avait demandé « vous me faites combien pour le tout ? ».
Je lui avais répondu calmement que je ne faisais pas de vente en lot, que je ne vendais pas comme sur un marché de fruits et légumes, ni dans une salle d’enchères, que mes bijoux sont des bijoux d’art joaillier éthiques et que par conséquent la réponse était non.
Malgré mes conditions très claires, celui-ci avait lourdement insisté, en m’expliquant, « je travaille dans une entreprise qui rachète les bijoux des Petits créateurs pour les défaire, les fondre et revendre les métaux. »
Une nouvelle fois, j’avais été très claire tout en restant respectueuse malgré, l’insulte énoncée en lui indiquant mon refus, en accentuant le fait que les bijoux d’art ne sont pas fondus pour être revendus en plaques, que je travaille avec les clients et non avec des entreprises.
Afin de rester dans un cadre légal, je lui avais envoyé mes conditions générales de vente et mes mentions légales.
Sa réaction fût immédiate, j’ai reçu une avalanche d’insultes en deux langues (français et anglais), de l’agressivité et de la violence verbale.
Lorsque j’ai voulu consulter son profil pour le signaler, j’ai constaté qu’il m’avait bloquée et comble de l’ironie, il avait signalé la page professionnelle de mon entreprise comme étant une arnaque.
Le culot, l’audace !
Certaines tentatives se veulent plus élégantes en apparence, mais n’en sont pas moins dangereuses.
D’autres vont plus loin encore, ils ne veulent plus seulement le bijou. Ils veulent l’image, les droits, le travail en amont mais ne voient jamais ce qui fonde toute création.
En juillet, entre deux médiévales, j’ai reçu un message d’une femme basée aux Etats-Unis.
Elle avait commencé par flatter mon talent, mon imagination, mes bijoux, puis elle a dévoilé son discours «je suis commissaire-priseure dans une grande maison d’enchères. Vos bijoux m’intéressent. Je suis certaine de pouvoir en tirer un excellent prix. »
J’avais refusé poliment sa proposition et elle avait elle aussi lourdement insisté avec «des personnes très riches les achèteront sans problème. Il me faut simplement votre accord. »
Son discours était bancal et les méthodes évoquées suspectes, de par le fait je lui avais demandé de détailler.
Elle m’avait expliqué vouloir vendre les photos de mes bijoux en constituant un book virtuel, puis me demander d’envoyer les pièces après les ventes aux enchères.
J’avais une nouvelle foi refusé, mais elle n’en était pas restée là.
Elle s’était lourdement acharnée en m’assurant que tous les artistes avec qui elle travaillait étaient très contents de cet accord et gagnaient beaucoup d’argent.
Puis elle avait franchi une ligne supplémentaire en m’envoyant des captures d’écran de mes bijoux, toujours sans autorisation et en me proposant de me racheter mes droits, mes croquis, mes visuels pour un montant total de 6000 euros.
J’avais de nouveau refusé fermement avec un non catégorique car mes droits m’appartiennent, mes croquis sont ma propriété, la reproduction de mes images sans accord est illégale, mes créations sont protégées légalement par le Droit de la propriété intellectuelle.
Ses pratiques relèvent de l’arnaque, du vol, d’expropriation d’une oeuvre de l’esprit.
J’ai fait des captures d’écran de son profil, de nos échanges en lui écrivant que tout était conservé et que toute tentative d’utilisation de mes images ou de mon travail donnerait lieu à un dépôt de plainte.
Suit à cela, elle s’est tue, j’ai signalé ses méthodes et son compte auprès des modérateurs du réseau social.
J’ai prévenu rapidement ma communauté pour que chaque personne fasse attention à ce style de choses car c’est vraiment grave de devoir en arriver à cela.
Parfois, l’arnaque ne vient pas d’inconnus mais, de plus proche de soi.
Celles-ci font plus de dégâts parce qu’elles passent par la confiance.
À ce stade, il ne s’agit plus seulement de se protéger, mais il faut surveiller, anticiper, capturer les preuves, expliquer, prévenir les autres.
Tout cela demande une énergie considérable, invisible mais réelle.
Un ami médiéviste montait sa première médiévale et pour ce faire, celui-ci avait sollicité ses proches, sa communauté, les artisans qu’il connaissait afin l’aider.
Il avait demandé à des artisans travaillant le métal comme moi, de réaliser des pièces gratuitement afin de soit les mettre comme lot gagnant d’une tombola, soit qu’il les expose pour que chaque artisan ait une meilleure visibilité.
C’est ce que l’on appelle ici de la publicité croisée.
Sur le principe, rien d’anormal, tous les artisans, moi y compris avions voulu lui donner un coup de main car dans le milieu de l’artisanat, du médiéval, vous retrouverez toujours la solidarité, l’entraide, l’amour du travail et de la reconstitution historique.
J’avais accepté de bon coeur.
J’ai fabriqué de mes mains, un pendentif Fenrir en argent-cuivre et tourmaline noire.
Une pièce unique, travaillée avec soin, réfléchie, aboutie qui m’avait pris plus de cinq heures de travail réel, avec des matériaux spécifiques dont je le rappelle, je suis pionnière à avoir créer cette association de métaux et la seule à la travailler.
J’avais utilisée des techniques joaillières maîtrisées et spécifiques, de l’électricité pour que je puisse voir correctement pendant que je travaillais.
Cela m’avaient pris du temps, de l’engagement, mais j’étais très heureuse de l’aider.
Cette pièce aurait été vendue entre 250 et 300 euros.
Après l’avoir réalisée, je l’avais envoyée à mes frais en payant les frais de port ainsi que l’assurance du colis parce que c’était un ami, que je respecte toujours mes engagements, que je crois encore à la parole donnée.
Je me suis inquiétée, j’ai suivi le colis pendant tout son acheminement, en m’assurant qu’il arrive à temps pour la médiévale.
Le colis fût livré et puis, plus rien.
Cinq jours après l’événement, toujours aucune nouvelle.
Je l’avais relancé pour savoir s’il avait bien reçu le bijou.
Il m’avait répondu par l’affirmative en m’indiquant qu’il avait reçu mon bijou le jeudi, soit deux jours avant la médiévale.
Aucun merci, ni de photographie, ni de publication, ni retour et encore moins de publicité de sa part.
Rien, le néant.
Je peux comprendre qu’un bijou ne plaise pas, mais il avait laissé cartes blanches à tous les artisans, donc nous étions libres de créer ce que je nous souhaitions pour l’évènement.
Mon bijou aura été utilisé, donné, exposé, peu importe.
En revanche, ce qui est certain, c’est qu’il a obtenu un bijou gratuit et que j’ai perdu du temps, de l’énergie, de l’argent à travailler sur son projet alors que j’aurai pu travailler sur d’autres.
J’ai par ailleurs rompu le contact avec cette personne car un ami qui agit ainsi n’en est pas un.
A ce moment-là j’ai pris une décision claire et définitive car cette mauvaise expérience avait marqué une rupture.
Qu’importe que cela soit un ami, la famille, des clients, pas de paiement, pas de bijoux.
Certaines personne jouent sur l’ambiguïté, les mots et la confusion volontaire, même lorsqu’un cadre existe, elles tentent encore de le détourner.
Ces situations publiques se passent sur des médiévales où tout est festif, bienvaillant jusqu’au moment où une personne malhonnête se permet de jouer sur les règles, le droit et la fatigue des artisans.
Lors d’une médiévale d’automne, j’ai mis en lot pour une tombola, un bon de commande pour une personnalisation d’un bijou.
Au cours de la veillée au coin du feu, une femme a remporté mon lot.
Mon bon concernait la personnalisation gratuite d’un bijou au cours d’une commande ou d’un projet joaillier.
J’ai détaillé sur le bon que seul la personnalisation était gratuite, le reste du bijou étant un projet joaillier serait à payer.
La distinction était claire, écrité, détaillée, encadrée et parfaitement légale.
Pourtant cette personne avait tenté de me faire croire qu’elle ne comprenait pas, que, pour elle, tout était gratuit, le bijou était totalement offert de sa création jusqu’à sa personnalisation.
Elle avait lourdement insisté, tourné autour des mots comme le font tous les arnaqueurs pour trouver une faille, tenté de m’emmener sur un terrain flou comme si la confusion allait jouer en sa faveur.
Je ne connais que trop bien ce mécanisme, je l’ai déjà décrit notamment dans mon article Les Perles des Médiévales — chroniques d’une artisane entre passions et absurdités.
Il illustre parfaitement une chose.
Ce n’est pas une incompréhension, mais bien une tentative de forcer la main, d’obtenir plus ce qui avait été offert, de transformer un geste professionnel en dû.
Certaines personnes essaient toujours de jouer avec les règles, même lorsqu’elles sont limpides et légales.
J’ai recadré calmement et fermement pour la personnalisation et non sur la gratuité de la commande.
Elle n’avait pas apprécié, mais je n’avais pas cédé parce que mon travail a une valeur, que mes créations ne sont pas des lots de consolation.
Je respecte toujours mes engagemens et je n’accepterai jamais qu’on puisse les détourner.
Les arnaques ont un visage, un message, un stratagème précis.
Ils travaillent tous pour l’ombre et ainsi d’autres choses s’installent sans s’annoncer, par des regards, des silences, des remarques déguisées.
Une chose reste rarement nommée au même titre que l’envie, car elle dérange.
Elle ne s’expose pas sur mon stand, n’est pas photogénique et ni soigneusement encadrée.
La jalousie.
Présente, persistante sous plusieurs formes et à travers de nombreuses personnes.
Sur certaines médiévales, le malaise émanait de pseudo-artisans, des personnes ne créant rien de leurs mains, ou très peu.
En d’autres termes, des revendeurs achetant en « gros », en « lot » à l’étranger, des bijoux, objets, vêtements, nourritures, fabriqués en Chine et revendus ensuite sur les marchés et médiévales français sous l’étiquette « fait main » (ici illégal et passible de fortes amendes).
Pour ces personnes, mon travail dérange car celui-ci est traçable, documenté, qu’il repose sur des recherches historiques, archéologiques, botaniques, symboliques des anciens mondes nordiques et celtiques, que chaque pièce a sa propre histoire que je conte.
Chaque gemme, plante, métal, choix ont tous une existence, un vécu, un récit, une valeur spéciale.
Leurs regards sont toujours insistants, les remarques malveillantes, acerbes, caustiques pleuvent.
Le dénigrement n’est pas caché et se dévoile devant le public.
Mes prix deviennent alors pour eux, un prétexte pour justifier leur attitude.
Ils ne voient jamais le temps que prend une création, de son croquis à son montage final, ni les matières utilisées pour parfaire une oeuvre joaillière, ni les techniques joaillières, seulement un chiffre.
Je les entends dire très fort “c’est trop cher pour ce que c’est », sans jamais se poser la question de ce qui fait le coût réel de l’artisanat d’art car mon travail leurs échappe, ils ne le comprennent pas et essaient de détruire ce dont ils n’arriveront jamais à égaler, comprendre.
Ce comportement m’attriste car chacun a une place spécifique, il n’est pas nécessaire d’écraser, de dénigrer les autres pour exister.
Chez certains autres revendeurs, l’agacement monte autrement.
Expliquer devient pour eux une menace, la transmission les dérange, donner des clés au public pour comprendre devient dangereux car une personne, un client informé, comparent.
Et un client, une personne qui comparent, choisit.
J’ai également pu constater l’apparition d’une autre forme de crispation que je qualifierai d’idéologique et rigide.
Certaines personnes souvent âgées, sont profondément attachées à une vision éronnée, figée du Moyen Age, un Moyen Age fantasmé, simplifiée, tout comme l’artisanat.
L’Histoire réelle dérange car même sourcées avec ses nuances, ses contradictions, ses parts d’ombre et de lumière, les preuves archéologiques et historiques ne mentent pas et c’est pourquoi, j’en parle, j’explique, je contextualise et je déconstruis des mythes.
Mais pour ces personnes, tout devient alors suspect, trop compliqué car ils « faisaient comme ça avant », « on a toujours dit que ».
Cette transmission que je conte, dérange car elle remet à sa place la vérité et souvent les visages se ferment, le dialogue se rompt et leurs paroles deviennent agresssives, piquantes parce que remettre en question un récit rassurant que l’on a appris et qui de plus est faux, exige de lâcher quelque chose.
Tout le monde n’est pas forcément prêt à cela.
La jalousie malheureusement ne s’arrête pas aux événements, elle s’infiltre aussi en ligne. Dès que votre entreprise devient visible, cohérente, structurée, alignée et fonctionne, cela suffit à certains malotrus pour légitimer leurs actes, comportement et propos.
Des commentaires déplacés apparaissent, les tentatives de décrédibilisation émergent avec de faux avis, des insinuations circulent sur mon parcours, ma légitimité, mes compétences.
Ce sont toujours les mêmes mécanismes, les mêmes profils qui jugent, essaient de détruire.
Certains discours révèlent surtout une méconnaissance totale du travail artisanal.
Confondre un objet fabriqué à la chaîne avec une création d’art en dit déjà beaucoup.
Le problème n’est pas lié à l’âge, mais en l’absence de curiosité, de culture du geste, de respect du travail authentique.
L’artisanat d’art ne se consomme pas comme un produit jetable, il se comprend et se respecte.
Le travail véritable reste invisible à leurs yeux.
Les très longues heures à penser, réfléchir un bijou, les années de formation, de pratique, toutes les recherches exigeantes, le sérieux et la constance, les sacrifices et la fatigue n’exisent pas pour eux.
Seul le résultat déclenche leurs réactions car ce qui fonctionne, ce qui est aligné, ce qui est authentique, dérangent.
Après la jalousie et les attaques ouvertes, j’ai vu se manifester autre chose de plus surnois, silencieux mais tout aussi violent, le plagiat.
Ces copies ne sont jamais innocentes et toutes commencent toujours par l’observation, l’envie de certaines personnes de posséder ce qu’elles n’ont pas.
Ces personnes pour la plupart de faux créateurs tentent de reproduire mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques en s’attaquant aux formes, symboles, à mon association unique de matières, à mes inspirations celtiques, nordiques, médiévales, nature, à ma manière de les conter, à ma façon d’ancrer chacun de mes bijoux talismans-guides dans une histoire, une cohérence, une recherche, un alignement, une intention.
Des volumes, des associations de couleurs, teintes, des choix d’une pierre pratiquement identique aux miennes voient le jour.
Certains vont jusqu’à coller une pierre presque identique aux miennes.
Pour ce faire, ils n’hésitent pas à utiliser de la résine pour créer une gemme identique à mes photos alors qu’aucune pierre ne se ressemble dans la nature.
Après, ils les collent car ils ne savent pas sertir en superposant deux plaques par exemple, pour imiter le brasage, le sertissage, j’ai eu l’occasion de le voir plusieurs fois.
Ils n’ont pas les connaissances pour les réaliser alors ils imitent ce qu’ils ne comprennent pas.
Dans mon atelier, chaque gemme est unique et ne ressemble à aucune autre.
Je les choisies toutes en les ayant eu en main, longuement observé, analysé et je sais par avance avec lesquelles de mes ébauches elles se marieront à merveille.
J’utilise le sertissage qui est une véritable technique joaillière-bijoutière pour chacune de mes gemmes. Les sertis sont certes différents puisqu’ils en existent plusieurs, mais chacune de mes pierres a son propre bijou.
D’autres vont encore plus loin dans le plagiat.
Ils n’hésitent pas à donner à leurs bijoux des noms pratiquement identiques aux miens sur des bijoux qu’il ont acheté à l’étranger, assemblé rapidement sur de l’argent, du cuivre ou sur un fil sans avoir la moindre connaissance historique, symbolique et ou technique.
Ils copient mes intentions, l’histoire de mes bijoux notée sur mes fiches produits, mes univers en disant qu’ils s’en sont « inspirés » alors que je sais pertinement qu’ils pillent le travail des autres.
Ils plagient la surface mais jamais le fond.
Cela m’attriste également beaucoup car je pense que tout le monde peut apprendre si on le souhaite du plus profond de son coeur.
Certains étendent leurs copies aux images, à la mise en scène, aux couleurs, aux ambiances, vont même jusqu’à reproduire les photographies de mes bijoux, mes décors, mes lumières, les vêtements que je porte en médiévales, mon maquillage, mon univers unique sans jamais faire aucun travail de réflexion en amont, sans aucune âme.
À cela s’ajoutent des comportements les plus déplacés.
Certaines personnes franchissent encore une autre limite en photographiant mes bijoux sans mon accord parce que « ça leur plaît beaucoup », mais ne me demandent pas mon accord, ne me regardent, et n’achètent pas.
Parfois ces mêmes personnes vont plus loin en me disant « je vais les faire moi-même, c’est trop facile à faire. »
Là, je ris à gorge déployée non pour me moquer mais parce que si c’était si facile, ils ne copieraient pas mes oeuvres.
Dans tous les cas, je demande que ces photographies soient supprimées.
Un bijou photographié sans mon logo, sans le nom de mon entreprise, peut se retrouver vendu ailleurs sous une autre identité ce qui est inacceptable car mes bijoux sont une œuvre de mon esprit.
Les copier, les vendre, les détourner, relève du plagiat, de la contrefaçon et du vol.
J’ai également remarqué au cours de cette année quelque chose de plus insidieux.
Je vous parle ici, du détournement qui avance sous cape.
J’ai remarqué d’abord les noms presque identiques aux miens, seul un mot modifié comme pour se donner bonne conscience, se dédouaner.
Puis les similitudes concernant ma charte graphique avec ses couleurs que j’ai créées moi-même, la typographie.
J’ai vu apparaître plusieurs nouveaux artisans qui, au lieu de chercher leur propre identité, copient littéralement la mienne sans vergogne, sans aucune réflexion.
Ils reprennent mes couleurs, ma gamme chromatique, mon univers visuel unique, utilisent la même typographique que moi dans leurs écrits.
Certains vont même jusqu’à choisir un nom d’entreprise volontairement proche du mien.
Le Chêne devient le Cèdre ou des consonnances similaires.
L’ »Enchanté » se décline à toutes les sauces, tout en vendant des gemmes et des bijoux qu’ils ne fabriquent pas eux-mêmes me portant préjudices car le public confond les noms et associe mon entreprise joaillière-bijoutière éthique à de la vulgaire revente et non au fait-main et à l’artisanat d’art.
Sur les marchés et les médiévales, le détournement prend une forme encore plus flagrante.
Des artisans passent devant mon échoppe, regardent très attentivement, commentent, «c’est magnifique», «ton travail est splendide», «ton univers est unique» ou encore «ta décoration est vraiment unique».
Quelques mois plus tard, je les retrouve sur un autre événement avec une échoppe étrangement familière.
Je remarque la disposition des bijoux, des porte-bijoux identiques à la mienne, tout comme la couleur de la nappe, la mousse végétale installée à l’identique comme sur mon stand au milimètre près.
Chez moi, la mousse végétale de mon jardin est présente pour rappeler la forêt, ma charte graphique, mon monde.
Lors de notre première rencontre, ces mêmes artisans n’avaient aucune cohérence visuelle, ni de ligne continue, ni réflexion, ni symbolique.
Ils mélangeaient allègrement beaucoup de couleurs fortes ensemble tels qu’un rose très prononcé voire fluo, un vert kaki, du bleu-vert, du gris, un jaune très puissant entre autres.
Je dois avouer, avoir eu du mal à différencier les stands des uns des autres, visiblement comme un certain nombre de personnes également d’après ce qu’elles m’ont rapportées, alors qu’avec la mienne, il n’y a aucun doute, on me reconnaît immédiatement.
Et là où le bas blesse c’est qu’ils ne se sont même pas cachés pour copier intégralement tout ce que je produis de mes mains, de mon esprit.
Ils ont reproduit, imité à l’identique, sans chercher la signification de ce que je crée, sans construire ce monde qui est tellement cher à mon coeur et à mon âme, parce qu’ils trouvent cela « beau », « élégant », « fin », et « raffiné » et que copier simplement sans identité leurs suffit.
Il ne faut pas se tromper sur mon « silence » car ils pensent s’en sortir, que je ne vois rien, mais contrairement à ce qu’ils croient, j’ai vu.
J’observe, documente, note le plagiat de ma charte graphique, ma typographie, ma décoration, mes bijoux, mon image…car tout est juridiquement protégé par le droit d’auteur, le droit à la propriété intellectuelle.
J’ai effectué des démarches, monté des dossiers.
Je laisse faire un temps puisque les autorités compétentes en sont informées.
Et le moment venu, le couperet tombera.
Les copies et les détournements laissent des traces, mais d’autres pressions sociale pèsent bien plus encore.
Le combat ne s’arrête pas en changeant de terrain.
C’est un combat contre un orgre qui dévore tout sur son passage, qui veut modifier des règles, des structures fonctionnant parfaitement sans prendre la mesure de tels actes.
Des choix politiques absurdes, totalement déconnectés du réel, du travail artisanal et très dangereux pour l’artisanat.
Je vous parle ici d’une mesure stupode et brutale sur l’abaissement du seuil de la TVA, qui si celle-ci avait été promulguée, n’aurait protégé aucun auto-entrepreneur, encore moins les artisans d’art tel que moi.
Ce seuil abaissé aurait frappé celles et ceux qui travaillent seuls, qui produisent lentement, qui privilégient la qualité à la quantité, qui façonnent, qui assument chaque coût (matériaux, outils, charges, assurances, investissements et énergie), mais n’aurait aucune pénalisé les revendeurs puisqu’ils se procurent leurs produits sur des plateformes étrangères en écrasant les petits ateliers où le fait main est maître.
Tout repose sur un équilibre fragile.
C’était une bataille usante, avec énormément de stress, d’angoisses, nombreux auto-entrepreneur auraient vu leur petite entreprise fermée leurs portes, mais nous en sommes sortis victorieux.
À ceci se sont ajoutées des fermetures de boutiques chez mes fournisseurs sans alternatives, des fournisseurs de confiance choisis pour leurs valeurs, leur éthique, la traçabilité de leurs matériaux avec qui j’ai travaillé pendant de longues années.
J’ai dû tout repenser, effectuer de nombreuses recherches, faire d’innombrables vérifications.
J’ai contacté pendant des heures, les fournisseurs qui me semblaient être en accord avec mes valeurs.
J’ai fait de nombreux comparatifs, j’ai questionné et quelquefois ceux qui me semblaient fiables me donnaient des réponses évasives concernant la provenance des gemmes, comment et dans conditions elles sont extraites, donc un nouveau tri était fait.
Retrouver des fournisseurs fiables m’a demandé beaucoup de temps, de rigueur, d’énergie.
Ce travail dans l’ombre ne se voit pas mais sans celui-ci rien ne fonctionne.
Chaque décision administrative impacte directement mon entreprise, mes créations.
À côté de ce poids invisible, d’autres forces entrent en jeu.
Travailler en extérieur implique d’accepter ce que cela comporte, personne ne peut contrôler la météo, ni le vent, ni les intempéries.
Tout ceci est imprévisible.
Durant l’été, certaines médiévales se sont déroulées dans des conditions difficiles.
L’une en pleine canicule avec des pics à 44 degrés, mais je m’étais beaucoup amusée malgré la chaleur.
L’autre fut plus problématique avec un vent fort, constant, sans répit, des rafales intenses durant toute la journée et la nuit.
Nous étions quatre artisans exposés directement et isolés dans la rue la plus venteuse de la ville.
Lorsque nous avons demandé à partir après avoir subi de nombreuses pertes, casses, dans mon cas, ma barrette Sorbier est allée s’écraser sur le sol en brisant son crochet et certains de mes portes-bijoux ont suivi, les organisateurs nous ont interdit de partir du site sous peine de nous encaisser la caution de 150 euros.
Nous avions tous les quatre subis des grosses pertes importantes et les organisateurs après réfléxions, nous ont dit que l’on pouvait partir mais que l’on devait revenir obligatoirement le lendemain sans cela, le chèque de caution serait encaissé.
Ayant eu presque trois heures de route pour assister à cette médiévale, je suis restée, j’ai composé comme toujours avec la nature.
Le soir, j’étais la seule artisane dans la rue où nous avions été placés, j’ai peu dormi et avec la peur au ventre que d’autres de mes créations et mon barnum ne s’abîment.
Certains artisans ne sont pas revenus le lendemain malgré la menace d’encaissement du chèque de caution et je peux les comprendre.
Lorsque je suis rentrée, j’ai repris complètement le système de fermeture de ma barrette.
Deux heures de travail supplémentaires pour réparer alors que ma création joaillière est très solide, mais face au vent, n’importe quelle création se casse.
J’ai également réparé tous mes porte-bijoux cassés et j’ai pris la décision de ne plus retourner dans cette ville non pas par l’ambiance parce que le public était au rendez-vous et était solidaire avec les artisans mais, par l’inaction des organisateurs, leur manque de respect et de considération envers l’artisanat.
En octobre, une autre situation.
Le samedo le temps avait été chaud et solaire, mais dans la nuit du samedi au dimanche vers 23 heures, le vent s’est levé. Aucune tempête n’avait été annoncée.
Je fus réveillée en sursaut par des rafales de vent successives qui ont arraché les toiles de mon barnum.
Après les avoir de nouveau fixé et fait le tour de mon barnum, mon stand je suis retournée me couchée.
Vers 1 heure du matin, le vent avait tellement forci que même avec des poids de vingt kilos sur chaque pied, celui-ci avait poussé mon barnum et la table de mon échoppe itinérante était ce qui retenait tout mon barnum. Tout était collé contre moi, j’ai essayé de tout remettre à sa place mais avec du vent à 80 km/heures et des rafales à 90km/heures, je n’y suis pas parvenue.
J’ai donc pris la décision de ranger petit à petit mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthique afin de les protéger et de renforcer les pieds de mon barnum avec du poids supplémentaire, mais cela n’a pas suffit.
J’ai entendu un énorme fracas non loin d’où je me trouvais, je suis allée voir et j’ai constaté que des barnums se sont cassés, envolés, fracassés et ont fini leur courses contre les murs des maisons aux alentours, contre des pare-brises, la chaussée….
J’ai vu comment tourner les choses, j’ai prévenu l’organisateur que je partais puisque la tempête ne me permettait pas de rester, je l’ai informé de la casse de barnums.
Rester devenait trop dangereux.
A 3h30 du matin, j’ai démonté toute mon échoppe en urgence afin d’éviter la casse au maximum sans lune, à la lampe frontale et le vent forçait encore.
J’ai porté mains fortes à une amie artisane se trouvant à côté de moi pour démonter son échoppe en bois qui commençait à fissurer avec cette tempête.
Les artisans sont toujours solidaires envers les autres artisans.
Aucune casse de mon côté, par vigilance et précaution, j’étais rassurée, mais tout autour des barnums arrachés.
Ces artisans qui vivaient à proximité n’étaint pas restés sur le site et ont été lourdement touchés.
Le lendemain, la médiévale a été annulée car le site était devenu dangereux pour le public, les artisans et le froid est arrivé d’un seul coup.
Malgré cet épisode météorologique chaotique, la médiévale était magnifique et le samedi avait été une journée extraordinaire.
J’y retournerai et ma place est déjà réservée.
Créer dehors demande par le fait, une adaptation permanente, une attention constante avec des réflexes, du bon sens, une capacité d’analyse forte car il faut savoir rendre des décisions rapides comme protéger l’essentiel.
Après ces épreuves extérieures et les longues années à avancer, travailler sans véritable repos, mon corps m’a rappelé à l’ordre.
J’ai suivi un rythme effréné pendant des années, sans réelle pause, sans vraie coupure, près de huit années traversées sans véritables vacances, portées par la volonté de construire, de créer et de faire tenir un projet exigeant.
L’histoire de mon entreprise a commencé bien avec son ouverture officielle.
Avant Le Chêne Enchanté, j’étais bibliothécaire territoriale.
Je ne considère pas mon parcours de vie comme une rupture, il est pour moi, une continuité qui m’a permis grâce à mon travail de recherches, de structurations, de transmission, mon rapport aux sources, à l’histoire, à la cohérence, à ma rigueur intellectuelle, d’exercer pleinement aujourd’hui, mon métier d’artisane joaillière-bijoutière.
J’ai toujours créé de mes mains, j’ai toujours eu ce besoin de donner du sens, de comprendre, d’approfondir, de relier les savoirs.
À la suite de mon accident de travail, j’ai enfin suivi ce qui s’imposait depuis longtemps à moi, l’artisanat joaillier-bijoutier.
C’est une voie sérieuse, exigeante qui demandait des bases solides, des formations, du temps et un total engagement. Ayant déjà d’excellentes connaissances dans ce domaine, je les ai tout de même approfrondies en me formant concrètement au métier, à ses techniques, à ses contraintes et ses exigences réelles.
Parallèlement, j’ai construit mon projet d’entreprise en amont, bien avant son ouverture, avec un énorme business plan de 250 pages, des études de faisabilité et de marché, de nombreux contacts avec les banques, ds demandes de crédit, des présentations devant des commissions d’entrepreneurs, des dossiers pour le bureau de garantie, la participation à Aux trophées de créateurs.
J’ai pensé, réfléchi chaque étape que j’ai argumenté, défendue.
Il m’avait fallu prouver que l’artisanat d’art pouvait être viable, cohérent, structuré, et porté par une vision claire.
Avant même que mon entreprise n’existe officiellement, j’ai aussi bâti un univers entier. J’ai créé seule toute ma charte graphique, mon logo, mon site internet dans son intégralité, ainsi que ma page professionnelle sur les réseaux sociaux. J’ai construit une communauté, patiemment, sincèrement, sans artifices, en partageant un monde, une vision, des valeurs. Ce travail-là est invisible pour beaucoup, mais fondamental car il repose sur la cohérence, la cosntance et la profondeur.
L’ouverture de mon entreprise est arrivée et avec elle, mes collections joaillières, mes créations talismaniques-guides historiques joailllières éthiques, toute la communication, le marketing, les formations continues, la présence sur le terrain avec les médiévales et les marchés.
Tout ce que l’on voit aujourd’hui repose sur ces années de construction en amont, sur ce long chemin, réfléchi et structuré.
À un moment, mon corps s’est manifesté, non pour remettre en question mon parcours, ni pour renier mes choix, mais comme quelque chose de nécessaire, d’important.
J’ai compris que même les chemins les plus alignés demandent quelquefois de s’écouter afin de pouvoir avancer autrement.
Dans ce contexte, j’ai été extrêmement fatiguée.
Ce moment est arrivé après une année dense, exigeante, chargée, faite de créations, de déplacements, de responsabilités constantes et présence physique et psychique continue.
Jusqu’alors, j’avais trouvé le moyen d’avancer, d’absorber.
En fin d’années pour la première fois depuis huit ans, j’avais décidé de prendre de courtes vacances, juste cinq jours pour me reposer et profiter des fêtes.
Le 25 décembre à 7 heures, une grosse angine et un énorme rhume ce sont déclenchés.
Je suis restée malade pendant plus de trois semaines, mes articles sont parus en retard, et toute mon activité a été ralentie ain de me permettre de guérir.
Je n’ai pas vu la maladie comme une faiblesse ou un échec mais plutôt comme un signal très clair, un rappel. J’ai également des limites que je ne peux plus ignorer.
Elle m’a forcé à ralentir, à revoir certaines choses, à plus m’écouter.
Ces courtes vacances sous la couette ont été un temps de recul, un moment pour observer mon travail autrement, mon engagement, mon rythme, mais également de réfléchir à la manière dont je poursuis sans me perdre, sans m’épuiser littéralement.
Je ne renonce nullement, j’ajuste et respecte ainis tout ce monde que je porte, construis.
Pendant cet arrêt imposé, ce moment où tout ralentit malgré moi, une chose est restée intacte.
La présence, les messages et mot doux reçus, ce soutien discret mais constant des personnes qui suivent, comprennent, respectent et portent mon travail depuis le début. Je n’ai pas vécu cette traversée seule, et c’est l’une des choses qui me poussent à poursuivre, certes autrement, mais avec la même sincérité et authenticité.
Rien de ce qui existe ici n’est le fruit du hasard.
Ma communauté s’est construite patiemment avec authenticité, cohérence et sincérité.
Elle grandit toujours, portée par des valeurs communes, par une vision exigeante de l’artisanat d’art, par le respect du véritable travail fait main, le respect pour la matière, l’Histoire et le geste vrai.
Le Chêne Enchanté existe grâce à vous, à votre présence, votre compréhension, votre soutien, vos mots, votre confiance.
Pour vous tous qui respectez, soutenez mon travail qui demande du temps, de la rigueur, des choix clairs et parfois inconfortables.
Mon artisanat s’est nourri de regards attentifs, d’échanges profonds, de personnes capables de comprendre, reconnaître le travail invisible et ce qu’implique un artisanat d’art engagé avec les heures de recherches, la précision de mes gestes, la cohérence de mon univers.
Pour vous qui me suivez, me lisez, vennez à ma rencontre lors des médiévales sur lesquelles j’expose, qui prenez le temps d’observer, d’échanger, d’écouter ce que racontent chacun des mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques, mais également la matière, l’Histoire et ce qui se transmet au-delà de l’objet, qui comprenez que chaque bijou est une pièce d’art unique et non un produit de consommation, qui porte une histoire, une intention, une responsabilitié, qui reconnaissez un prix juste pour l’énorme travail de chacun de mes bijoux talismaniques-guides, et l’éthique assumée.
Ce lien-là donne tout le sens à mon univers, car il repose sur une même exigence, une même sensibilité et une volonté commune de faire émerger ce monde plus juste, plus conscient, plus authentique que nous voyons depuis longtemps en dormance et qui attend patiemment son éveil.
C’est à cet endroit spécifique que mon travail prend tout son sens.
Je vous remercie pour cette année d’ancrage.
Avec amour et lumière,
Virginie pour Le Chêne Enchanté.


