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Les perles des médiévales : Chroniques d’une artisane entre passion et absurdités.

Stand de mon échoppe itinérante Le Chêne Enchanté lors d'une médiévale. Vu de près de mon stand avec ma table d'exposition contenant mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques, mon logo et le nom de mon entreprise. Crédit photo Le Chêne Enchanté, toutes reproductions de mon stand que ce soit ses couleurs, ses décorations et mes bijoux sont formellement interdites.

Bonjour mes Lumineuses et Lumineux,

Ce que je vais partager ici n’est ni un règlement de comptes, ni un manifeste, ni une plainte déguisée.
C’est un morceau de réalité, celle que je traverse, debout, sur les marchés, les médiévales, derrière mon échoppe itinérante, au contact direct des regards, des mots, des projections.

J’ai choisi d’écrire cet article entre vérités parfois très crues, rudes et rires parce qu’il y a un moment où se taire devient une forme de mensonge et ceci est contraire à mes valeurs d’entreprise.

Je suis artisane joaillière-bijoutière engagée et auteure d’articles historiques.
Je crée des bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques, façonnés à la main, en argent-cuivre éthiques, porteurs d’intention, de mémoire, de lumière.
Je travaille avec la matière, la nature mais aussi avec l’âme.
Et ce que je vis sur les marchés, les médiévales, dans les échanges, dans certaines paroles dites trop vite, mérite d’être posé clairement.

Ce texte est un ensemble d’anecdotes vécues.
Elles sont toutes vraies.
Elles ne sont ni embellies ni édulcorées.
Elles racontent la réalité du terrain, avec ce qu’elle a de rude, d’absurde parfois dans certaines paroles lancées sans conscience, mais aussi de profondément lumineux.
Ici, je pose les choses, non pour accuser, mais pour leurs donner leur juste place.

Et parfois, tout commence par une phrase lâchée sans réfléchir, comme si le travail d’une vie pouvait se résumer à une comparaison mal informée.

« Ah oui, j’ai vu les mêmes sur Temu ! »

Je me souviens encore de ma première médiévale comme si c’était hier.
J’étais pleine d’enthousiasme, mon échoppe itinérante était installée sous un arbre, mes bijoux talismans-guides soigneusement disposés sur leurs supports de bois entourés de mousse végétale naturelle cueillie dans mon jardin, prêts à raconter leur histoire.

Et puis elle est arrivée.

Une dame d’une cinquantaine d’années, l’air pincé, le pas décidé, le regard aussi froid qu’une pluie d’hiver.
Sans même me dire bonjour, elle lâche d’un ton sec « Vos bijoux, là, j’ai vu exactement les mêmes sur Temu. Et deux fois moins chers ! »

Je me souviens avoir pris une grande inspiration.
Puis j’ai souris, vous voyez le genre de sourire qu’on apprend à maîtriser avec le temps, celui de la patience et du calme, quand on sent venir le tsunami de la bêtise.
Je lui ai répondu doucement, toujours polie « Bonjour Madame. Il est impossible que vous ayez vu les mêmes ailleurs, puisque je suis la seule à créer de mes mains chacun de mes bijoux-talismans. Si vous les avez “vus” sur Temu, c’est qu’ils ont copié mes prototypes, et dans ce cas, je serai ravie de les retrouver devant un tribunal compétent. Pouvez-vous me donner le nom, le prénom et l’adresse du site ? »

Et là, le silence.
Son visage s’est figé, ses yeux ont cligné comme une vieille ampoule, et soudain comme par miracle elle s’est souvenue qu’elle avait “confondue”.

En fait avec le temps, j’ai appris à reconnaître les personnes disant ce style de choses pour avoir une promotion, un petit rabais, une ristourne.
Mais voilà : je ne fais pas de réduction, mes prix sont justes.
Derrière chaque bijou, il y a des heures de travail, des matériaux éthiques, et une part de mon âme.
Je ne fais pas de “bijoux à la chaîne”.
Je façonne des bijoux talismans-guides.
Des pièces uniques, qui portent des histoires, de la lumière, et un vrai savoir-faire.

Le véritable artisanat a un coût, le prix du temps, du cœur et de la création.
Et pendant que certains préfèrent acheter des bijoux à 3€ produits dans des usines chinoises dans des conditions déplorables, je continue d’œuvrer à la main, en conscience, dans mon petit atelier du sud de la France.
Et lorsqu’on me dit que “Temu fait pareil”, je souris, parce que non, Temu ne fabrique pas de magie.

“Temu fait la même chose, mais en moins cher !”

Celle-là, je m’en souviens aussi très bien.
Parfois, certains visiteurs confondent artisanat et bijoux de revente, et croient que tout se vaut.
Une femme d’une quarantaine d’années, regard condescendant, téléphone à la main comme s’il s’agissait d’un sceptre. Elle s’approche de mon stand, observe rapidement mes créations, puis lâche, d’un ton provocant, “Ouais, Temu fait la même chose en moins cher.”

À ce moment-là, avant même que je ne puisse ouvrir la bouche, une de mes clientes, une vraie, une de celles qui savent ce qu’est le travail fait main, se trouvait juste à côté.
Et là, elle a réagi, avec une justesse et une répartie que je n’oublierai jamais.
Elle s’est tournée vers la dame et lui a répondu, d’un ton calme mais ferme “Vous avez de la merde dans les yeux. On voit parfaitement que c’est fait main. Par contre, allez voir en face, les bijoux sont de la revente, faits en Chine. Vous verrez la différence.”

Là encore énorme silence.
La dame est restée bête, outrée, sans voix, uis elle a tourné les talons, vexée, et est partie sans un mot.

Et moi, j’ai juste souri, avec gratitude, parce qu’entendre une cliente défendre mon travail, ma passion, mon artisanat est une immense récompense en soi.
Ce n’est pas seulement de la reconnaissance, c’est la preuve que certaines personnes savent encore faire la différence entre l’artisanat et la revente, entre le vrai et le faux, entre l’authentique et le superficiel.

Parce que non, ce que je fais n’a rien à voir avec Temu.
Chaque bijou que je crée naît d’un croquis, d’une intuition, d’une histoire.
Je pense à l’équilibre, à la symbolique, à la pierre qui va révéler le message du talisman.
Je travaille l’argent-cuivre éthiques, choisis auprès de mes fournisseurs de confiance.
Et oui, parfois, il y a des râtés, des brûlures, des heures à douter, à recommencer.
Mais à la fin, il y a une pièce unique, porteuse de lumière, de sens, d’Histoire, d’intentions.

Ce que ces personnes ne comprennent pas, c’est que le fait main est un acte d’amour.
Un bijou artisanal est une part d’humanité qu’on porte sur soi.
Et aucune plateforme chinoise ne pourra jamais copier ça.

Quelques heures plus tard, la même dame revient vers mon échoppe et me demande, toujours sans politesse « vos bijoux, vous les faites comment ? »
Je prends le temps d’expliquer les techniques professionnelles, claires et accessibles à tous.
Visiblement insatisfaite de mes explication, cette même dame me dit « ouais ok, et ils servent à quoi vos bijoux ? »
Avec patience, je lui explique leur « fonctions » « ce sont des talismans, des guides, des stimulateurs de confiance, qui aident ceux qui les portent à poursuivre leur chemin de lumière. Mais il faut aussi travailler sur soi-même... »
Elle ne me laisse pas vraiment terminer ma phrase et ajoute de manière méprisante, « ouais bon… et ils sont chers quand même pour ce que c’est. »

J’ai gardé mon calme parce que ces réflexions ne sont pas un simple avis, elles cherchent à dévaloriser le travail, obtenir une promotion… alors que mes prix sont justes pour de l’artisanat fait main, éthique, réfléchi et unique.

J’observe du coin de l’oeil le manège de cette dame qui fait le tour de tous les artisans et des revendeurs dont j’étais entourée lors de cette médiévale tout en continuant mon ouvrage.
Puis quelques minutes plus tard, la dame revient en se vantant d’avoir acheté un bijou “moins cher” à un pseudo artisan qui revend des bijoux achetés 3 € en Chine.
Je réponds alors, avec un grand sourire tout en continuant de créer un de mes pendentifs Talismans, « Potion des fées », qui depuis a été adopté par une cliente qui a compris mon message de lumière, « oui, beaucoup moins cher… mais rempli de produits toxiques comme les cadmium, zinc et plomb, provoquant allergies et cancers. Fabriqué dans des conditions d’exploitation extrême, avec un énorme bilan carbone pour arriver jusqu’ici. Mais vous avez raison, il est moins cher. »

Je me suis aperçue à ce moment-là que certaines personnes sont totalement imperméables, non réceptives, fermées et insensibles au véritable artisanat.
J’avais gaspillé de mon énergie, de ma lumière pour répondre à une personne qui ne considérait pas le vrai artisanat.
Le vrai artisanat a un coût.
Et celui qui le porte ne se mesure pas en euros mais en valeur, énergie, amour, lumière et intentions

Après les comparaisons absurdes viennent presque toujours les experts autoproclamés. Ceux qui savent. Tout. Mieux que moi.

“Je suis une experte en pierres, je les connais toutes !”

Celle-ci mérite la palme de l’humour.
Une dame d’une soixantaine d’années, élégante, sûre d’elle, l’air de celle qui pense tout savoir mieux que tout le monde, arrive devant mon stand.
Elle regarde mes créations d’un air faussement admiratif, plisse les yeux, et me sort d’un ton professoral “C’est du cuivre, ça ?

Je lui réponds calmement, avec mon sourire habituel “Oui, c’est de l’argent et du cuivre éthiques que j’associe moi-même. Je suis la seule à travailler ainsi.

Et là, elle me lâche cette petite perle qui me fait toujours sourire chaleureusement “Comment vous faites ? Parce que ça ne se voit pas.”
Donc, je prends le temps, comme toujours, d’expliquer ma technique : le travail d’alliage, la patine, la brasure, le polissage, l’équilibre entre les deux métaux.
Mais à peine ai-je terminé qu’elle me coupe net, “Ah, mais moi je suis une experte en pierres, je les connais toutes.”

Je reste polie, évidemment, et je lui réponds gentiment “C’est super ! Vous savez qu’il y en a une vingtaine de nouvelles découvertes chaque année ? On creuse de plus en plus profond, et les conditions géologiques évoluent, ce qui fait apparaître de nouvelles variétés.

Et là, son visage se fige un peu. Mais elle persiste.
Elle pointe une pierre du doigt, l’air sûr d’elle “Ça, c’est une cornaline.”

Je souris et lui réponds “non, la pierre que vous me montrez est une aventurine rouge.”

Regard surpris, un léger plissement d’yeux. Mais elle continue, comme si de rien n’était, en désignant une autre pierre, “alors celle-là, c’est une cornaline aussi.”

Je secoue doucement la tête, toujours avec bienveillance et lui réponds “non, celle-ci est une opale de feu. Elle vient du Mexique.

Et là… silence total. Pas un mot. Rien.
Elle se tourne, sans me dire au revoir, et s’en va comme si de rien n’était, la tête haute, vexée qu’une “petite artisane” ait osé la contredire.

De mon côté, je souris encore parce que j’ai l’habitude.
Ces personnes-là ne viennent pas pour apprendre, ni pour admirer.
Elles viennent pour s’affirmer. Pour prouver qu’elles “savent”.
Sauf que le savoir, n’est pas de réciter trois noms de pierres vus sur un collier acheté en grande surface, c’est comprendre leur histoire, leurs origines, leurs énergies, leurs singularités.
Cela est tout un monde.

Alors de mon côté, je retourne à mes outils, à mes pierres, à mes alliages parce que pendant qu’elle s’offusque de son erreur, je continue de créer avec amour, respect et humilité.
Et je me dis que, quelque part, que si mes pierres avaient une bouche, elles en riraient. 🌙

Mais parfois, au milieu de ces absurdités, il y a des moments de grâce. Des instants qui me rappellent pourquoi je suis artisane joaillière-bijoutière.

“Le cadeau qui ne suffisait pas…”

Ce jour-là, il faisait grand soleil et chaud, une médiévale d’été comme je les aime.
Et puis, il y a eu elle, une petite fille adorable, un regard d’une pureté bouleversante, qui s’est approchée de mon stand.
Elle souffrait d’un handicap, et sans un mot, elle m’a attrapée dans ses bras, m’a serrée fort, comme si elle me connaissait depuis toujours.

Son geste m’a profondément touchée. C’était instinctif, sincère, d’une tendresse rare.
Alors, sans réfléchir, j’ai sorti une de mes fioles “Talismans des Fées”, et je la lui ai offerte.
Un cadeau de cœur, parce qu’à cet instant, c’était évident.
Elle ne m’avait rien demandé, elle m’avait juste offert un moment d’amour pur, et c’était ma façon de lui répondre.

Elle était heureuse, ses yeux brillaient.
Mais voilà que le père arrive.
Un homme au visage fermé, sans un sourire, sans même un bonjour.
Il regarde sa fille avec la fiole dans la main et me dit d’un ton sec “vous n’avez pas une chaîne ? Parce que là, elle va la perdre.”

Je lui réponds calmement, toujours avec douceur, “non, je n’ai pas de chaîne, mais elle peut la garder précieusement dans une boîte ou sous son oreiller, comme un vrai talisman. Ça lui portera bonheur.

Et là, il râle. Littéralement. Devant tout le monde, “ben oui, mais ça aurait été mieux avec une chaîne…

Je suis restée figée un instant.
Je venais d’offrir un bijou, spontanément, sans rien attendre, simplement parce que j’ai été touchée, et lui, au lieu d’un merci, me réclame encore quelque chose.

Je n’ai rien répondu parce que quelquefois, le silence vaut mieux que mille mots.
Parce que répondre à la mesquinerie, c’est lui donner de la place, et cette place, je la garde pour la lumière.
Mais sur le moment, oui, j’ai trouvé ça moche, pas pour moi, je ne regrette jamais un geste du cœur, mais pour sa fille.
Cette petite âme douce, qui, elle, avait tout compris.
Elle tenait son petit talisman des fées comme si c’était le plus beau des trésors.
Et c’est ça que je veux retenir.
Le sourire de l’enfant, pas l’amertume du père. 🌷

Parfois, les moments les plus simples deviennent des anecdotes inoubliables… pour de bonnes raisons ou pour des raisons complètement absurdes.

“Le cadeau pour l’enfant”

Et puis il y a des personnes qui viennent pour leur enfant… et qui, apparemment, ne connaissent pas le mot “merci”.
Lors d’une médiévale du mois de juillet, un enfant vient me voir et me commande un petit bracelet pour l’anniversaire de sa maman.
Je glisse dans le paquet, un petit cadeau pour sa maman et lui donne une de mes fioles talismans des fées en lui expliquant à quoi il correspond et comment il peut s’en servir pour calmer ses peurs et ses angoisses.
Ce petit garçon sourit et son sourire monte jusqu’à ses oreilles telle une petite étincelle de bonheur… et là, le parent prend le relais, « ah… c’est tout ? Vous n’avez pas autre chose à lui donner ? »
Je réponds en secouant la tête au papa « non, c’est déjà un cadeau, il y en a un pour sa maman et un pour lui, je pense qu’il en est trè content vu comment il le porte sur son coeur »
Et le papa ne se dégonfle pas et me répond « mais il aimerait autre chose… » en s’approchant de ma malette pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur.
Je ferme ma malette et demande au petit garçon si il veut autre chose parce que c’est lui le principal intéressé pas son papa, il me répond par la négative et tire le bras de son père qui me regarde de travers, comme si offrir quelque chose de joli et unique à un enfant n’était jamais suffisant.
Parfois, je me demande si ces parents réalisent que le vrai trésor n’est pas le bijou, mais l’émerveillement de l’enfant, parce que ce petit garçon était heureux d’avoir un cadeau rien que pour lui.
Et encore une fois, les artisans ne sont pas dans l’obligation d’offrir quelque chose lors d’un achat, d’une commande de la part d’un client, nous le faisons de bon coeur.

Et puis il y a ce que l’on voit avant même mes bijoux. Mon visage. Mon corps. Mon apparence.

“C’est temporaire, j’espère ?”

Le maquillage nordique historique que j’applique sur mon visage donne très souvent des remarques. Certains vieux messieurs s’y intéressent avec toute la délicatesse possible.

C’est quoi ce maquillage ? C’est temporaire ? Des tatouages ?
« Pourquoi vous vous êtes maquillée comme ça ? » sans même me dire dire bonjour.

Je réponds patiemment « bonjour messieurs. Ce que vous voyez est un maquillage historique. Les femmes nordiques se maquillaient ainsi, avec de la craie, de la cendre, des baies et quelques fois du sang animal pour révéler leur beauté, leur force, leur appartenance à un clan, leur protection… ».

Certaines réactions sont adorables et étonnées, d’autres un peu plus… critiques, « ouais ben je vois pas pourquoi vous vous maquillez comme ça, c’est moche. », « vous êtes sûre de cela ?»

Je réponds avec le sourire et toute ma sérénité, « oui messieurs, j’en suis sûre. J’écris des articles historiques sur les mondes celtiques et nordiques, je suis en contact avec des archéologues et historiens spécialisés dans ces univers, et je fais énormément de recherches.»

Parfois, il y a encore quelques minutes de scepticisme, mais la plupart des visiteurs finissent par hocher la tête, impressionnés par le sérieux derrière mon maquillage… D’autres marmonnent, sans jamais reconnaître qu’ils ont appris quelque chose.

Ce maquillage est une part entière de mon art, un hommage à mes inspirations, à mes racines spirituelles et symboliques.
Et si celui-ci dérange, c’est parce qu’il réveille quelque chose qu’ils ne comprennent pas, une femme libre, ancrée, fière de ses valeurs.

Quand l’apparence ne suffit plus à critiquer, certains s’attaquent alors à l’Histoire elle-même.

Les Celtes et les Nordiques étaient “des peuples très sales !”

Certains visiteurs ont des idées toutes faites sur les peuples anciens… et n’hésitent pas à les exprimer avec virulence.
Il y a ce que je nommerai les clichés historiques… ceux qui font sourire et soupirer en même temps et chaque médiévale réserve son lot.
Et, croyez-moi, certains visiteurs semblent ne jamais avoir ouvert un livre d’Histoire. Il y a ceux qui me disent, avec un ton à la fois sûr et condescendant, généralement de vieux messieurs qui ont oublié la politesse, « mais les Celtes et les Nordiques, c’étaient des peuples très sales».

Je réponds avec calme, en expliquant, « en fait, il y a des traces archéologiques et historiques qui montrent qu’ils étaient très propres. Ils se lavaient régulièrement, avaient des ancêtres de brosses à dents, des cures-oreilles, des cures-ongles, brossaient et lavaient leurs cheveux, et mangeaient sainement en harmonie avec la nature. Même les anciens Anglais, dans des annexes religieuses tenues par des moines, ont décrit leur hygiène et leur propreté.»

Et là, comme toujours, il y a deux réactions, ceux qui restent bouche-bée, surpris d’apprendre cela et ceux qui persistent dans leurs idées reçues, nient malgré les preuves et écrits historiques.

Ces moments sont à la fois amusants et frustrants, mais ils montrent surtout que certaines légendes modernes sur les peuples anciens ont la vie dure… et qu’il faut parfois sourire, se contenter de transmettre la vérité avec patience, pédagogie, de réhabilité la vérité historique comme je le fais à travers mes articles historiques sourcés.

Ceux qui “connaissent” l’histoire… sans vraiment la connaître

Lors de nombreuses médiévales, je croise également certaines personnes qui pensent en savoir plus que les historiens et archéologues.

Ces personnes-là vont même jusqu’à me dire que je n’ai pas ma place dans les médiévales du sud de la France.
Ce fût le cas lors d’une médiévale pendant le mois d’août, une homme d’une cinquantaine d’années me lance, avec beaucoup d’assurance, « non mais vous n’avez rien à faire en médiévale, surtout dans le Sud de la France ! Les Celtes et les Vikings n’y étaient même pas ! »
Là encore, je sors ma carte d’auteure-historienne en leurs expliquant, «les Celtes étaient très présents dans le sud-est de la France. À Martigues, par exemple, une tribu avait l’emblème du phoque, comme le rapporte un livre d’un historien local. On les appelle les Celtes-Ligures.
Quant aux Nordiques pas les Vikings, attention, ils ont remonté le Rhône, sont passés par la Provence et ce sont installé jusqu’en Camargue pendant plus de six mois, l’hiver. Ils commerçaient avec les habitants, échangeaient techniques, produits et savoirs. Donc oui, je suis parfaitement légitime ici, et je prends même le temps d’écrire des articles historiques sur les mondes celtiques et nordiques, ce qui me permet de répondre à toutes ces questions avec précision

Je précise toujours la nuance, les Nordiques, habitants du Nord (anciennes Scandinavie, Norvège, Danemark, Germanie…), voyageaient, commerçaient, exploraient.
Le terme Vikings, fût entendu par les populations de l’époque et ces peuples, les ont désigné par le fait, ainsi, alors qu’il ne désigne uniquement que les expéditions c’est-à-dire, les raids ou commerce, entre le 8ᵉ et le 11ᵉ siècle, en Europe ancienne.

Et souvent, ceux qui m’opposent ces remarques restent bouche bée parce que ces personnes ignoraient les faits, les preuves archéologiques et historiques.

Mais certains persistent dans leur bêtise, ignorant les traces archéologiques, les écrits et les recherches.
Une dame d’un certain âge après avoir écouté mes explications m’a répondu en niant totalement l’Histoire, « non, mais je ne vous crois pas, c’est pas vrai.

À ce moment-là, je reste calme, souriante, et je sais que mon rôle n’est pas de convaincre tout le monde, mais de semer la graine du savoir.
Parce que chaque médiévale est aussi un lieu de transmission, et qu’au bout du compte, ceux qui veulent apprendre l’Histoire, eux, repartent avec une lumière nouvelle dans les yeux.

Parfois, dans à peu la même catégorie des sceptiques, ce sont des petits vieux, très sûrs d’eux qui m’interpellent sans courtoisie, « mais les vikings… je ne vois pas ce que vous faites au Moyen Âge ! Au Moyen Âge, c’était les princesses, les rois, pas les vikings ou les Celtes ! C’est vraiment n’importe quoi ! »

Je prends une grande inspiration et je reprends la chronologie historique avec la plus grande des patiences en leurs répondant « laissez-moi vous expliquer. Les Nordiques tout comme les Celtes étaient déjà présents bien avant le Moyen Age dans la vieille Europe. Ce que vous appelez Vikings n’est en fait qu’un terme que les Nordiques employaient pour désigner leurs voyages, leurs raids, ou les commerces qu’ils effectuaient entre différents peuples, pays. Les grosses incurssion nordiques datent entre le 8ème et le 11ème siècle de notre ère, mais il y avait déjà eu des raids, des échanges, entre le 6ème et le 7ème siècle de notre ère, parce que les Nordiques étaient d’excellents commerçants, navigateurs et agriculteurs, avec de grandes avancées techniques et cultures, tout comme les Celtes. Donc oui, je suis parfaitement dans le thème du marché médiéval avec mon entreprise et mes bijoux.
Pour revenir au fait qu’au Moyen Age il n’y avait que des rois et des princesses, là aussi c’est une erreur, les trois quarts de la population était une population agraire c’est à dire qui travaillait la terre, s’occupait du bétail, les nobles certes il y en avait mais, ils étaient peu nombreux

Là encore toujours deux réactions, soit les personnes sont impressionnées qu’à mon âge, je garde un certain savoir et partage mes connaissances sur le sujet et d’un autre côté, certaines personnes nient totalement l’Histoire, les preuves archéologiques, les écrits historiques..

Ces moments sont à la fois exaspérants et hilarants. C’est incroyable de voir à quel point certaines personnes peuvent renier l’Histoire… tout en essayant de donner des leçons.

Puis s’en vient une autre catégorie, les visiteurs agressifs qui connaissent mieux que moi, mon métier.

“Les visiteurs agressifs et“je sais mieux que vous”ce que vous créez”

Sur les marchés médiévaux, il y a toujours quelques visiteurs qui débarquent avec un air d’expertise absolue… et une politesse très discutable.

Parfois, c’est un vieux monsieur à peine poli qui m’interjette, « ah ça c’est du cuivre, je suis électricien, je sais de quoi je parle. »
Ou bien, « mais le cuivre, c’est hyper recherché, on va me voler si j’en porte. Pourquoi vous faîtes ça ! »

Je prends le temps de rester calme et souriante, et j’explique toujours avec douceur, « en fait, je travaille l’argent et le cuivre associés, je suis pionnière dans cette technique. La manière dont le cuivre est travaillé est très importante dans l’art, et tout est parfaitement sûr. Vous pouvez porter ces bijoux sans inquiétude. Mais vous savez, qu’importe le métal, si une personne est mal intentionnée, elle pourra vous le dérober

Certains personnes sont surprise d’apprendre que l’artisanat a ses propres règles et subtilités.
D’autres, plus bornées, continuent à se croire expertes… mais je continue de sourire, parce que chaque explication est aussi une petite victoire pédagogique et un moyen de transmettre la passion derrière mes bijoux talismans-guides.

Les tatillons et les critiques permanents

A certains moments et dans certaines médiévales, il y a aussi les personnes pointilleuses que je reconnais tout de suite.
Elles arrivent malheureusement sans un bonjour, le pas lourd, l’air supérieur, comme si le monde entier devait se plier à leur savoir infini.

Ce fût le cas pour une médiévale en juillet où un couple d’une cinquantaine d’années particulièrement tatillon est arrivé sans un mot poli, devant mon échoppe itinérante.
J’ai compris tout de suite qu’ils allaient pinailler sur tout.
« J’aurais fait des bijoux moins gros, c’est super lourd à porter vos trucs.«

Je leurs explique que «je travaille l’argent-cuivre associés, je suis pionnière à le faire, et la manière dont il est travaillé est importante dans l’art. Mes bijoux sont équilibrés, calculés pour être confortables malgré leur taille ou la présence des pierres.«
Je sens bien qu’ils s’en fichent complètement de mes explications, mais je reste polie parce que ce sont ces moments-là qui me rappellent que la patience fait partie intégrante de mon métier.

Les “concurrentes” curieuses

Lors de mon premier marché, une femme vient à ma rencontre et se présente à moi, comme bijoutière-joaillière.
J’étais au début très heureuse de partager mon métier que j’aime tant avec une consoeur puis j’ai déchanté.
Elle me dit d’un ton un peu condescendant, « ouais, moi aussi je suis joaillière-bijoutière, donc je connais très bien les techniques. Mais comment vous faites pour que la pierre tienne comme ça sur le bijou ? »

Et là j’ai su que mon instinct ne m’avait pas trompé, elle ne connaissait pas vraiment les techniques joaillières, ni bijoutières puisqu’elle ignorait ce qu’était un ajouré et cherchait simplement des informations pour copier, ou me faire une concurrence déloyale.
Je réponds poliment, en expliquant que le sertissage est une technique spécifique, et que chaque bijou est unique, pensé pour durer, équilibré et éthique.

Ces interactions sont souvent frustrantes, mais elles me permettent de montrer la différence entre l’artisanat sérieux et le simple imitation, tout en gardant un sourire et un certain détachement.

“Jalousie, agressivité et concurrence déloyale”

Il y a également ceux qui jalousent mon travail et la personne lumineuse que je suis.

Par deux fois, j’ai eu affaire à des visiteurs et des pseudos-artisans qui voulaient absolument connaître mes techniques pour copier mes créations.
Alors, gentiment mais fermement, je leur rappelle, « tous mes bijoux sont protégés par le droit français. En cas de copie, direction tribunal compétent pour dommages et intérêts

Généralement, cela les calme tout de suite.

Mais je me suis posée cette question, pourquoi cette jalousie ?
J’en suis arrivée au constat que c’est parce qu’ils ne créent rien.
Ils ne font que revendre des bijoux achetés en Chine, sans savoir travailler le métal, sertir une pierre ou inventer un talisman.
Alors ils critiquent mon travail devant les clients, espérant me déstabiliser.

Et parfois, face à leurs attaques, je propose gentiment « j’ai tout mon matériel de base avec moi, si tu veux, je te les prête pour voir ton travail si cela peut t’aider..»
En réponse, j’ai le droit à des cris. Ils hurlent littéralement, font une scène et s’en vont.
Parce qu’en réalité, ils ne sont ni joailliers, ni bijoutiers, ni artisans, juste revendeurs jaloux et frustrés.

Il y a aussi ceux qui critiquent ma politesse, mon physique ou ma lumière, sortant des phrases comme, « tu devrais pas dire bonjour à tout le monde, moi je ne le fais plus.»
Ce à quoi je réponds toujours avec le sourire « c’est la politesse et le respect d’autrui, libre à toi de ne plus dire bonjour, mais de mon côté, je continuerai.»
Et vous savez quoi, je continue de le faire.
Je dis bonjour à chaque personne qui s’arrête sur mon stand, car la politesse et le respect sont essentiels.

Même lorsque je vois ces mêmes personnes hurler sur leur stand « promotion sur tous les bijoux ! »
Des bijoux achetés 3 € en Chine, revendus 10 €, avec produits toxiques lors de l’extraction des métaux et fabrications des bijoux et sans aucune valeur artisanale.

De mon côté, je continue de créer des pièces uniques, éthiques, faites main, avec amour et savoir-faire, parce que face à la jalousie et à l’agressivité, ma lumière et mon énergie restent intactes.
Mon travail parle de lui-même, il est juste, authentique, éthique et porteur de sens.
Et peu importe les critiques, les imitateurs ou les grincheux, je sais ce que je fais et pour qui je le fais, parce que je sais ce que valent mes bijoux, mon travail, mon énergie.
Et parce que devant moi, ils ne font que projeter leur frustration et leur jalousie.

Alors je souris, polie, et je continue de travailler, car mon monde est celui de l’artisanat, de l’éthique, du cœur et de la lumière.
Et peu importe les critiques, les experts du dimanche ou les grincheux, ma passion, mon savoir-faire et mes bijoux talismans-guides parlent d’eux-mêmes.

Le vrai artisanat a un coût et un sens.
Chaque bijou, chaque talisman, chaque fiole est le fruit de passion, savoir-faire, éthique et intention. Et celui qui le porte ne se mesure pas en euros, mais en valeur, énergie et lumière.

Le plagiat, l’opportunisme… et la méconnaissance totale de l’artisanat

Depuis plusieurs mois, je remarque un phénomène assez fatigant, mais malheureusement de plus en plus répandu.
Certains « artisans » débarquent sur les marchés ou sur les réseaux, posent des questions très précises sur ce que je fais… puis, quelques semaines plus tard, je vois surgir des créations nommées presque comme les miennes, des chartes graphiques étrangement similaires, des stands décorés comme le mien, jusqu’aux mêmes portes-bijoux.

Et quand ce n’est pas ça, on me demande carrément, « C’est quoi les tendances pour vendre beaucoup en ce moment ? »

C’est le signe qu’on n’a pas affaire à un artisan.
Un vrai artisan ne copie pas.
Un vrai artisan ne suit pas les tendances.
Un vrai artisan crée.

L’artisanat n’est pas une mode qu’on imite, c’est une identité, un savoir-faire, une vision, un engagement. On ne devient pas artisan en se contentant d’observer et de recopier ce qui fonctionne chez les autres.

De mon côté, je prends le temps de discuter avec les personnes qui me suivent, avec mes clients, parfois des mois après leur achat pour savoir comment ils se sentent, si le bijou talisman-guide les accompagne, les aide, les éclaire sur leur chemin.
Les retours sont toujours lumineux, sincères, profonds.

Mais ces personnes-là, celles qui copient ou qui cherchent une recette miracle sans rien créer de personnel…ne veulent ni apprendre, ni comprendre.
Elles veulent juste récolter sans effort ce que d’autres ont mis des années à construire.

Et quand on leur explique gentiment qu’il faut trouver leur voie, leurs inspirations, leur identité… la réponse, est souvent l’agressivité.
Insultes, attaques, et parfois même dénigrement sur les réseaux.
Parce que dans le fond, elles ne cherchent pas à évoluer, juste à s’approprier ce qu’elles n’ont pas créé.

Il y a quelques jours, j’ai vécu une scène qui m’a profondément agacée, pas par méchanceté, mais parce qu’elle révèle une méconnaissance totale de mon métier.

Je montrais certains de mes bijoux à une amie de la famille, et à peine avait-elle vu une de mes fioles qu’elle s’est exclamée « oh oui, je connais une artisane qui fait les mêmes ! ».

Je lui ai répondu calmement que je n’avais pas le monopole des fioles, mais que les miennes ne sont pas des fioles “assemblées” ou simplement décorées.
Je les fabrique de A à Z, je récolte moi-même la mousse et les plantes dans mon jardin, je les fais sécher, j’intègre des gemmes issues de petites mines familiales, travaillées par des lapidaires français, j’associe argent et cuivre éthiques dans une technique que j’ai moi-même développée, une technique dont je suis pionnière, je travaille également le verre pour mes fioles ainsi que mes bouchons en liège.

Rien n’est acheté tout fait, rien n’est forcé, tout est créé dans le respect de la nature, des humains, des animaux et de mes valeurs d’entreprise.

Elle insiste cependant en me disant, « ben elle fait pareil. »
Alors j’ai simplement répondu, « Si elle fait exactement comme moi, alors ce n’est plus de l’inspiration : c’est du plagiat. Et le plagiat est passible de dommages et intérêts. »

Et là comme par magie, elle s’est soudain ravisée, « ah mais non, elle ne fait pas vraiment comme toi… ».

Évidemment, je m’en doutais.
Par curiosité et par professionnalisme, je suis quand même allée vérifier son compte Instagram. Elle ne vend que via Instagram, sans boutique, sans réel cadre professionnel…
Et je doute même fortement qu’elle soit immatriculée.
Autrement dit , on n’était clairement pas dans le même univers de création, ni dans le même niveau de rigueur, ni dans le même respect du métier.

Lorsque la paranoïa règne

Il y a deux ans, j’avais en contact une artisane… enfin, une « artisane » qui revendait des bijoux sans rien créer elle-même.
Nous avions quelques amis en commun, et comme souvent, l’algorithme des réseaux sociaux m’a montré parmi ses contacts une autre créatrice, une couturière qui réalisait de très jolies pièces pour bébés et enfants.

L’enfant de mes voisins allait bientôt fêter son anniversaire, et j’ai eu envie de commander quelque chose de fait-main, personnalisé, pour lui offrir.
Je me suis donc dit : « Tiens, je vais regarder ce que cette couturière propose. »

Sauf que, quelques jours plus tard… je vois une publication hallucinante de la revendeuse.
Un message rempli de haine, de paranoïa, d’accusations complètement absurdes.
Elle hurlait virtuellement qu’« on » sans préciser qui essayait de lui voler ses followers, que ses abonnés étaient ses clients, qu’elle avait mis trop longtemps à les obtenir, que c’était un dernier avertissement, et qu’elle n’en resterait pas là.

J’ai lu ça sans trop attention au départ, parce que sincèrement, je ne me sentais pas du tout concernée. Je voulais juste acheter un cadeau…
Je contacte donc la couturière en question, poliment, pour lui demander si elle propose des articles personnalisables pour enfants.
Pas de réponse.

Puis j’apprends que cette couturière avait tout raconté à l’autre. Comment ? Avec quels mots? Aucune idée.
Mais le résultat a été immédiat, les deux m’ont bloquée, ont signalé ma page (sans raison), et cerise sur le gâteau m’ont collé un « elles » pour faire croire qu’on était plusieurs à comploter contre elles.

Tout ça… alors que j’étais littéralement une cliente potentielle voulant offrir un cadeau à un enfant.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est l’incapacité totale de cette personne à faire la différence entre l’artisane que je suis et la simple cliente que j’étais dans ce contexte.
Son comportement était à la fois triste, disproportionné et profondément pathétique… d’autant plus que c’est elle qui m’avait ajoutée initialement sur les réseaux, attirée par mon artisanat et mes articles historiques.

Quelques mois plus tard, j’ai appris qu’elle avait fermé boutique.
Et honnêtement… ça ne m’a pas surprise.
La paranoïa, la méfiance excessive, la jalousie et la peur infondée des autres sont incompatibles avec l’artisanat.
Quand on traite tout le monde comme un ennemi, les gens finissent par partir… et il ne reste que le vide.

C’était une histoire triste, mais révélatrice de l’importance d’avoir des bases saines, de la maturité émotionnelle et une vraie compréhension du métier pour pouvoir évoluer sereinement dans l’artisanat afin de faire perdurer son entreprise, faire des marchés en toute quiétude.

Le Chêne… mais pas en bois

Certains visiteurs semblent confondre le nom de mon entreprise avec le matériau que j’utilise.
Lors d’une médiévale en octobre, un jeune homme arrive sans dire bonjour, regarde mes bijou et me demande, « c’est du bois que vous travaillez ? »
Je lui réponds patiemment, « non, je travaille l’argent et le cuivre associés, et je suis pionnière à le faire. »
Avec un aplomb incroyable, il enchaîne, « bah pourquoi c’est Le Chêne alors si vous ne travaillez pas le bois ? »
Je lui explique patiemment, « le chêne est un arbre symbolique pour moi donc il était naturel que mon entreprise porte ce nom. »
Et là, il insiste, « donc vos bijoux ne sont pas en bois ? »

À ce moment-là, j’arrête d’expliquer et continue mon travail… parfois, il faut savoir préserver son énergie.

La tombola et la dame qui voulait un bijou gratuit

Lors d’une médiévale en octobre, l’organisateur a demandé à chaque artisan d’offrir quelque chose pour une tombola destinée à soutenir une association.
J’étais vraiment très enthousiaste à cette idée.
J’ai donc décidé d’offrir quelque chose de précieux, utile et réellement artisanal, un bon pour la personnalisation d’un bijou, avec un contrat en béton armé pour protéger le futur client… et moi-même.

Dans mon métier, une personnalisation de bijou, rien que la prestation dans une grande enseigne, celle-ci s’élève à 50 € minimum.
Là, j’offrais cette personnalisation…
Mais le bijou restait à payer, ce qui est totalement normal et légal.

J’avais tout noté sur le bon, noir sur blanc, que ce soit la personnalisation offerte, le bijou à la charge du client, le montant maximal pour la valeur du bijou de 250€, ce qui est déjà énorme.

Je remets le bon à l’organisateur en expliquant très clairement ce que c’est. Tout est carré.

Le soir, autour du feu, pendant la veillée, la tombola commence.
Quelqu’un gagne mon bon.
Je suis super contente : offrir une personnalisation, c’est montrer mon savoir-faire, ma passion, mon art.

Et là… une dame d’une cinquantaine d’années arrive vers moi, « c’est vous pour le bon cadeau ? »
Je lui affirme par la positive que c’est bien moi qui aies mis à gagner un bon pour une personnalisation de bijou.
Elle m’explique que c’est son mari qui l’a gagné, mais qu’il n’est pas intéressé, alors il l’a envoyée à sa place.

Je lui explique tout de A à Z, le principe, le contrat, les étapes.
Et elle me dit, très sûre d’elle, « bon, je vais choisir un bijou sur votre stand. »
Je lui précise gentiment, « non, vous n’avez pas compris, je vous offre la personnalisation.
Je ne vous offre pas le bijou. »

Et là elle me répond faussement choquée, « ah mais faut payer 250 € le bijou ?! »

Je recommence à expliquer, différemment, patiemment, pour qu’elle comprenne.
Et elle insiste, « ah ouais, en fait à la fin on doit payer le bijou, quoi. »

Elle se foutait littéralement de moi. C’était volontaire, je l’ai senti immédiatement.
Mais je reste professionnelle.
Je lui propose de venir sous mon échoppe pour finaliser le contrat (nom, prénom, adresse…), comme on le ferait dans n’importe quelle bijouterie digne de ce nom.
Et là elle me lâche, « ah mais mon mari n’acceptera jamais de signer un contrat pour un bijou.»

Je suis restée silencieuse, mais intérieurement j’ai levé les yeux au ciel, parce que si elle avait demandé la moindre personnalisation dans une grande bijouterie, elle aurait signé sans discuter…
Sinon, c’est du vol.

Puis elle termine par en me lançant mon bon, « je vous rends votre bon, finalement on en veut pas. »
Je lui rappelle, calmement, « vous l’avez gagné, je ne peux pas le reprendre.
Il faut voir avec l’organisateur si vous voulez remettre le bon en jeu et être remboursée de votre billet de tombola. »

Et elle réplique, agressive, « ouais, ok, je vais le garder, on regardera votre site pour voir ce qu’on peut acheter. »

À ce moment-là, j’ai compris.
Depuis le début, cette personne voulait un bijou gratuit, point.
Elle avait déjà repéré quelque chose sur mon stand avant son repas, elle est revenue exprès après la tombola, et elle a joué sur l’incompréhension volontaire pour essayer d’abuer de ma patience et ma gentillesse.

J’ai perdu du temps, de l’énergie, et de la lumière avec quelqu’un qui n’était pas là pour mon travail, ni pour l’artisanat, juste pour essayer d’obtenir quelque chose gratuitement.

Parfois, l’absurde ne vient pas d’une opinion, mais d’une certitude complètement déconnectée du réel.

La dame de Pertuis ?

Lors de mon dernier marché de Noël pour cette année, à la mi-décembre, j’étais installée dans un lieu d’une beauté saisissante.
Un domaine ancien, une cour entourée d’arbres et de végétaux, un magnifique écrin.
Le froid était mordant le matin et le soir, mais la lumière du jour, franche et généreuse, m’a permise de travailler, mes doigts obéissants enfin.

Une femme d’une cinquantaine d’années arrive sur mon stand.
Elle regarde mes bijoux, je la salue poliment. Elle me répond, puis me fixe soudainement avec assurance et me lance, « mais vous étiez hier à Pertuis. Je reconnais vos bijoux, et vous aussi. »

Je lui réponds calmement qu’elle se trompe, que je n’étais pas à Pertuis, que je n’y ai jamais exposé.
Elle insiste aussitôt, avec aplomb, « si, si, vous y étiez. C’était vous. Je sais ce que je dis. »

Je reprends, posée mais ferme, et lui explique que non seulement je n’ai jamais fait de marché à Pertuis, mais qu’il est impossible qu’elle ait vu mes bijoux ailleurs, puisque ce que je crée est singulier, issu de techniques, d’associations de matières et d’un univers dont je suis pionnière. Mes bijoux ne sont ni reproductibles, ni interchangeables, ni confondables.

Mais elle continue.
Elle persiste à vouloir m’expliquer qui je suis, où j’étais, ce que j’aurais fait… alors même que je me tiens devant elle, dans mon échoppe, à travailler sous ses yeux.

À ce moment-là, une de ses amies arrive.
Ladite dame se tourne vers elle et affirme, toujours aussi sûre d’elle, que j’étais bien l’artisane vue la veille à Pertuis.
Son amie la regarde, observe mon stand, mes bijoux, mon travail, et lui répond très simplement qu’elle se trompe, que ce n’est pas du tout la même personne.

Et là, seulement là, la dame se ravise enfin et me dit « ah oui… c’est vrai… votre visage n’est pas le même. Et puis l’autre artisane travaillait le bois. »

Le bois, alors que je suis joaillière-bijoutière, que je travaille l’argent et le cuivre dans une association unique au monde, que mes bijoux sont des pièces talismaniques, historiques, façonnées à la main, avec des techniques de métal qui n’ont strictement rien à voir avec le travail du bois.

Elle était complètement à côté de la réalité.

Cette scène cependant m’a laissée perplexe.
Non pas par erreur puisque se tromper est humain, mais par cette incapacité à écouter, à reconnaître qu’on peut se tromper, à accepter la parole de la personne concernée.
Cette façon de vouloir absolument avoir raison, même face à l’évidence, même face à l’artisan qui se tient devant soi.

Et une fois encore, cela m’a rappelé combien le regard porté sur l’artisanat est parfois brouillé, approximatif, déconnecté du réel, comme si tout se valait, comme si tout se confondait, comme si les gestes, les savoir-faire, les matières, les chemins de création étaient interchangeables.

Mais ils ne le sont pas, et mon travail ne l’a jamais été non plus..

Mais ce même marché a aussi été le théâtre d’autres attitudes.

Entre moqueries et irrespect

Toujours sur ce même marché de Noël, en fin d’après-midi, une femme d’une cinquantaine d’années s’arrête devant mon stand.
Sans un mot. Sans un regard.
Je l’a salue doucement, sans la brusquer.
Elle a fini par lever les yeux vers moi… puis se met à glousser très fort comme le ferait un oiseau de basse-cours dans la nature.

Son regard se porte sur mon maquillage nordique.
Je la regarde en lui disant « oui ? », interrogatif, laissant une ouverture.

Puis, après s’être bien moquée, s’en va sans un mot.

Une collègue artisane, témoin de la scène, est venue me voir juste après.
Elle m’a demandé ce qu’il s’était passé.
Lorsque je lui ai expliqué, elle a eu ces mots très justes, « Encore une personne qui se moque de ce qu’elle ne connaît pas. Elle ne comprend pas, elle ne sait pas, alors elle préfère glousser plutôt que de poser une question. Parce que chercher à comprendre, pour elle, ce serait prendre le risque de paraître bête. Alors elle part. Et pourtant, c’est précisément ce comportement qui révèle la bêtise. »

Ses mots m’ont fait sourire, parce qu’ils étaient vrais.

Sur le moment, j’ai été surprise par les gloussements de cette personne.
Si cette dame m’avait posée des questions, je lui aurais répondu comme je le fais toujours.
Et puis, je me suis aperçue que ma collègue artisane avait raison, quelquefois, il vaut mieux ne pas relever la bêtise.

Je me suis aperçue qu’il y a des personnes qui rient non pas par joie, mais par peur.
Peur de ce qui sort des cadres. Peur de ce qui est incarné. Peur de ce qui est habité, assumé, aligné. Peur de ce qui ne peut pas être réduit à une case ou à une norme.

Mon maquillage, mon univers, mon art, mon échoppe, mes bijoux-talismans ne sont pas là pour plaire à tout le monde.
Ils sont là pour ceux qui savent regarder autrement.
Pour ces personnes qui ressentent.
Pour celles qui comprennent que l’artisanat n’est pas un déguisement, mais une incarnation. Non une façade, mais une cohérence entre le geste, l’âme et l’intention.

Et si cela dérange, amuse ou fait rire ceux qui ne veulent pas voir, alors ce n’est pas un problème.
C’est simplement, un révélateur.

Puis vient une nouvelle anecdote sur l’irrespect.

Le matin sur ce marché de Noël, je m’étais installée sur ma  » table de démonstration » que j’avais positionné juste devant mon échoppe itinérante afin de pouvoir travailler sur diverses pièces uniques.
Cette table comme son nom l’indique, je la réserve habituellement aux démonstrations, pour montrer mon travail lors des médiévales et des marchés, expliquer mes gestes, transmettre ce que je fais et pourquoi je le fais.

L’organisatrice, débordée ce jour-là, n’avait pas encore eu le temps d’installer toutes les affiches indiquant l’accès à la partie intérieure du marché. Elle courait partout pour essayer de satisfaire tout le monde.
Mais beaucoup de personnes passaient devant mon stand uniquement pour demander, parfois sans un regard, sans un bonjour, sans même s’arrêter, où se trouvait l’entrée du marché couvert.

Puis arrive une grand-mère d’environ soixante-dix ans, accompagnée de sa fille et de son petit-fils encore très jeune.
Sans bonjour, sans considération, elle me lance sèchement, « c’est où l’intérieur du marché ?»

À ce moment-là, j’étais en pleine conversation avec un couple, leur expliquant mon travail, mes recherches, mes techniques. J’ignorais si cette personne s’adressait réellement à moi.

Elle s’avance alors, se plante littéralement devant moi, interrompant l’échange, et me lance sur un ton sec, « je vous ai demandé où était la porte. »

Je présente mes excuses auprès de ce couple adorable, par respect pour eux, puis je me tourne vers cette dame et lui demande calmement de quelle porte elle parle.
Et là, elle me répond d’une manière profondément irrespectueuse, « la porte pour aller à l’intérieur du marché, parce que là y a que de la merde, vous êtes sur un marché, pas chez vous. »

Je la regarde, toujours avec ce sourire calme que j’ai appris à cultiver, et je lui indique l’entrée en disant, « elle se trouve là. Et merci de m’avoir rappelé que je ne suis pas chez moi mais sur un marché, marché sur lequel je travaille. Je n’avais pas remarqué. »

Sa fille intervient aussitôt, visiblement gênée, et lui dit, « Maman, tu ne peux pas parler aux gens comme ça, enfin ! »

La grand-mère s’en va alors rejoindre sa fille et son petit-fils, le menton relevé, avec cette espèce de posture de supériorité et ce manque de respect, de politesse totales envers les autres.

Le couple resté devant mon stand me regarde ébahi et me dit, « c’est horrible la manière dont certaines personnes se comportent. Vous n’êtes ni leur chien ni leur domestique. Elles vous parlent comme si vous étiez de la merde. »

Je leur ai simplement répondu, en souriant, « vous savez, la politesse, le respect et la bienveillance ne sont pas dans la bouche ni dans le cœur de tout le monde. Beaucoup pensent que l’âge autorise tout… mais la vieillesse n’excuse ni le mépris ni l’irrespect, ni l’impolitesse. »

Ils ont souri, parce qu’ils ont compris.

Le respect n’est pas optionnel

Parmi toutes ces rencontres, il y a aussi celles qui piquent un peu le cœur…
Celles qui me rappellent à quel point l’artisanat authentique est rare, et combien certains n’ont aucun scrupule à mentir pour vendre, au détriment des vrais créateurs, de la nature et de l’humain.

J’ai rencontré un pseudo-artisan lors de ma troisième médiévale qui se faisait passer pour un créateur alors qu’il ne faisait que revendre des bijoux achetés à bas prix dans des pays asiatiques.
Je suis contre la revente surtout lors de marchés ou médiévales artisaux, puisqu’ils prônent le véritable fait main. Mais en dehors de ces évènements, les revendeurs ne me dérangent pas puisque chacun est libre d’excercer sa profession comme il l’entend.
Ce qui m’a dérangé lors de notre échange est le fait, qu’il faisait croire à ses clients qu’il façonnait lui-même ses bijoux, alors qu’il n’avait jamais touché un laminoir ni tenu un chalumeau de sa vie.

Et pourtant, il se permettait de dire que ses bijoux étaient « faits par ses mains ».
Ce style de mensonge me met profondément mal à l’aise, car il trompe la confiance du public et dénigre le travail des vrais artisans comme moi, qui façonne chaque pièce avec passion, patience et respect.

Son but ? Il ne s’était pas caché en me le révélant sans honte, vendre au plus grand nombre, comme une grande enseigne, sans aucune considération pour l’impact humain ou écologique.
Derrière ses bijoux se cachent des femmes et des enfants sous-payés, malades à cause des métaux lourds, qui travaillent dans des conditions indignes pour quelques centimes.
Et tout ça, juste pour que certains puissent dire “j’ai acheté un bijou pas cher”.

De mon côté, je ne cherche pas à vendre à tout prix.
Je ne cherche pas à plaire à tout le monde.
Ce que je crée, je le fais avec amour, lumière, respect de la nature, de l’humain et du vivant. Je fais de l’authentique, du vrai.
Mes bijoux ne sont pas des objets de consommation, ce sont des talismans d’âme, des créations qui vibrent, qui accompagnent.
Et c’est cela, la vraie richesse.

Lors d’une médiévale en août, une situation similaire concernant l’irrespect et le mensonge est advenue.

Un monsieur d’une soixantaine d’années s’arrête devant mon stand.
Il observe mes bijoux longuement, attentivement avec le regard de ceux qui reconnaissent immédiatement le travail véritablement fait main.
Puis il me dit, sincèrement, « vous avez énormément de talent, bravo. »

Je le remercie, profondément touchée.

Et puis, comme tant d’autres avant lui, il ajoute, « mais vos bijoux sont trop chers. »

Alors, avec calme, je lui explique ce que représente réellement un bijou artisanal, la gemme issue d’une petite mine familiale, le cuivre et l’argent éthiques que je façonne moi-même, les heures, les risques, les outils, les connaissances, l’intention, l’âme, la lumière qui traverse chaque pièce, et la réalité économique derrière tout cela.

C’est alors qu’il m’annonce, « avant d’être à la retraite, je travaillais dans une grande bijouterie. Et nous, quand les gens ne pouvaient pas payer, on leur faisait un prix. »

Je savais qu’il mentait parce que je connais bien cette énorme enseigne qu’il évoquait.
Et jamais cette firme n’a fait un geste commercial par compassion.
Jamais !
Elle vend des bijoux créés en série à l’étranger, avec des métaux toxiques (nickel, zinc, cadmium, amoniaque, arsenic), produits dans des conditions humaines et écologiques catastrophiques.

Elle n’a jamais diminué ses marges pour « aider les gens ».
Elle les orientait simplement vers des bijoux de moins bonne qualité, point.

Je lui explique donc calmement, « vos propos sont faux. Et baisser mes prix alors qu’ils sont au prix juste pour un travail artisanal éthique, c’est dévaloriser mes pièces, mes compétences, mon savoir-faire et tous les artisans qui travaillent avec moi. »

Mais le plus insultant est arrivé après parce que je refusais d’appliquer cette logique commerciale d’un autre temps, il m’a regardée et a déclaré, « vous êtes étroite d’esprit. Simplement parce que je ne voulais pas gérer mon entreprise comme lui gérait une multinationale il y a plus de cinquante ans.

Alors je lui ai répondu, toujours avec douceur, mais fermeté : « vous me parlez d’un marketing qui n’existe plus. Le monde a déjà changé, et il changera encore. On ne tourne pas quand le vent souffle déjà, on ajuste sa voile avant. »

Ledit monsieur est parti plus vite que ses jambes le lui permettaient, sans présenter aucune excuse pour son comportement, son irrespect ou son impolitesse.
C’est très attristant de voir et d’entendre ce style de propos de personnes qui ne voient plus les changements, les transformations, les innovations mais qui donnent des leçons sur quelque chose qu’elles ne connaissent pas.

En fait ce que ces personnes-là ne comprennent pas, ce que beaucoup refusent encore de voir c’est qu’elles ne payent ni mes factures, ni mes outils, ni mes matériaux éthiques, ni mes charges, ni les soins lorsque je me blesse à l’atelier parce que oui ça m’arrive même encore auijourd’hui, ni les nuits blanches à réfléchir, à se creuser la tête pour savoir si telle ou telle chose va fonctionner, les différentes stratégies de visibilité mises en place sur mon site pour le référencement naturel, ni les heures de créations de mes bijoux avec les différentes étapes pour que le bijou ressemble à un véritable talisman-guide comme, le polissage, le sculptage, le limage… Tout simplement le rêve, la vision sur le plus long terme que j’ai.

Et pourtant, elles pensent savoir mieux que moi comment je devrais diriger mon entreprise, comment je devrais vendre, et combien devraient « valoir » mes bijoux.
Pourtant, la réalité est simple, sur un bijou vendu 30 euros, je me verse… 5 euros.
Le reste part dans les matériaux, les taxes, les charges.

C’est ça, la vérité du fait main.
Et malgré tout, certains voudraient que je vende mes pièces uniques, éthiques, lumineuses, remplies d’amour, à 2 ou 3 euros, comme si elles n’avaient aucune âme, aucune histoire, aucune valeur, force, portée.

Et ces mêmes personnes osent encore me dire que je suis « étroite d’esprit ».

Non. Non, je ne le suis pas.
Je suis juste bien ancrée dans mes valeurs, dans mon éthique, dans ma lumière.
Et je continuerai de défendre le vrai travail artisanal, celui qui respecte la Terre, les humains, les animaux, la tradition, et la dignité de ceux qui créent puisque c’est également pour tout ce que je défends, que mes bijoux talismans sont des guides, des stimulateurs de confiance, des aides, des bijoux talismaniques d’intention.

Et puis il y a celles et ceux qui ne voient ni l’artisan, ni le travail, ni même l’humain.

Le téléphone collé à l’oreille

Lors de mon dernier marché de l’année, une autre scène est venue s’ajouter à la liste de ces comportements qui interrogent profondément.

Une jeune femme arrive sous la tente de mon échoppe itinérante, le téléphone littéralement collé à l’oreille, absorbée par une conversation avec son enfant qui courait partout autour d’elle.
Elle regarde mes bijoux sans réellement les regarder, l’œil distrait, l’esprit ailleurs.

Comme toujours, je fais preuve de politesse et de respect, je lui dis bonjour.
Aucune réponse.

Elle se penche pourtant davantage sur certains de mes bijoux-talismans, les observe de plus près, sans jamais interrompre son appel en parlant très fort, sans un regard pour la personne que je suis, sans un mot.
Je reprends donc mon travail, je martèle doucement l’un de mes bijoux, concentrée, dans mon geste, dans mon savoir-faire, dans ce que je fais depuis des années.

Et là, elle me fixe sévèrement et se met à râler.
Tout haut à la personne au bout du fil, « attends, ça fait du bruit, je t’entends pas. »

Puis elle me regarde de travers à nouveau, comme si le problème venait de moi.
Comme si travailler sur mon propre stand, sur un marché artisanal, était une nuisance. Comme si mon geste, mon métier, mon art devaient s’effacer devant son appel téléphonique.

Je l’ai regardée, simplement, avec un grand sourire, et j’ai continué de travailler.

Parce que je ne suis ni invisible, ni décorative, parce que je ne suis pas là pour me taire, m’effacer ou suspendre mon art pour le confort de quelqu’un qui n’a même pas la politesse élémentaire de dire bonjour.
Parce que mon stand n’est pas un meuble, et mon métier n’est pas un bruit de fond.

Je crée, je travaille.
Et je n’ai pas à m’excuser d’exister, ni de faire ce pour quoi je suis là.
J’ai vraiment trouvé ce comportement là, triste.

Mais le sommet du non-respect reste parfois atteint quand mon échoppe itinérante devient, pour certains, un terrain de jeu.

Les enfants sous ma échoppe

Pendant mon dernier marché de l’année, environ quarante-cinq minutes avant le tirage du feu d’artifice et la fermeture officielle du marché, deux couples arrivent et s’installent sur une grande table en dur, à seulement quelques pas de mon échoppe itinérante.
Ils se posent là, sans se soucier ni de la visibilité des stands alentour, ni du fait qu’ils coupent complètement la vue sur mon travail, empêchant aussi les visiteurs de me voir et de s’approcher.

Ils s’installent pour boire de l’alcool et fumer, alors même que la zone est clairement indiquée comme non-fumeur.

Quelques minutes plus tard, leurs enfants, cinq au total arrivent en courant de tous les côtés, livrés à eux-mêmes, sans surveillance. Ils jouent, crient, courent entre les stands comme si l’endroit était une aire de jeu.

Deux d’entre eux entrent alors directement sous ma échoppe.
Ils commencent à tirer sur la nappe de ma table, tentant de se cacher dessous pour « jouer ».

Cette nappe n’est pas là pour faire joli.
Elle est fixée volontairement de manière sécurisée pour éviter que quoi que ce soit ne tombe, ni mes bijoux, ni mes outils, ni les objets fragiles, et surtout pour ne pas mettre en danger les personnes qui se trouvent sous mon échoppe.

Je me lève immédiatement, je tiens fermement la nappe et je leur demande clairement d’arrêter, en leur expliquant qu’ils sont en train de tout faire tomber et de tout casser.

Ils continuent, faisant mine de rien entendre.

Je sors alors complètement de sous mon échoppe et je les reprends de manière ferme et sonore.
Leurs parents ont parfaitement vu ce que faisaient leurs enfants, mais ont préféré continuer de boire et de discuter plutôt que d’intervenir.

Les enfants me répondent, je cite, « ça va, rien n’est tombé. »

Je leur réponds alors, bien fort, « non mais vous vous croyez où ? Vous ne connaissez pas le respect envers les adultes ni envers le travail des autres. Ce n’est pas à vous, vous faites attention. Et encore heureux que rien ne soit tombé, parce que je retenais tout pendant que vous faisiez vos bêtises et vous trouvez ça normal ? »

À ce moment-là, une des mères finit par appeler les enfants pour leur dire de rester près d’eux.
Je vais alors voir directement les parents et je leur fais remarquer calmement mais fermement le manque total de respect et le comportement dangereux de leurs enfants.

L’une des mères me répond, sans sourciller, « ce sont des enfants, ils font des bêtises. »
Je lui réponds immédiatement, « il y a bêtises et bêtises. Et surtout, il y a savoir se tenir et respecter les lieux et les personnes. Chez vous, vos enfants font ce qu’ils veulent, ce n’est pas mon problème. Mais sous mon échoppe, c’est chez moi. Et si le moindre bijou ou élément de décor avait été cassé, je vous aurais demandé un remboursement intégral, comme dans n’importe quel magasin. Ce n’est pas parce que c’est de l’artisanat que tout est permis. »

La mère me regarde de travers.
Mais les pères, eux, me donnent raison.
Ils interdisent aussitôt aux enfants de retourner seuls vers les stands et encore moins de « jouer » dedans.

Et je reste là, une fois de plus, à constater à quel point certaines personnes ont perdu toute notion de respect pour le travail manuel, pour l’espace de l’autre, pour l’humain tout simplement.
Aberrant.


Et pourtant.
Il serait malhonnête que je conclus mon article ici, parce que cela serait tronquer la réalité.
Ce serait laisser croire que les marchés et les médiévales ne sont qu’un lieu de frottements, d’incompréhensions et de paroles vides, parce qu’au milieu de tout cela, il y a aussi l’inverse exact.
Il y a les qui s’arrêtent vraiment, qui regardent, qui prennent le temps, qui ne cherchent ni à comparer, ni à négocier, ni à dominer, mais à ressentir.

Je vois leurs regards s’illuminaient.
J’attends des silences pleins.
J’observe des mains qui se posent doucement sur un bijou comme on toucherait une histoire ancienne.
Des mots simples, justes, parfois bouleversants.

Des personnes qui comprennent que ce que je fais n’est pas “juste joli”.
Qu’un bijou peut être mémoire, passage, ancrage.
Qu’il porte un sens, un héritage, une intention.
Et que l’artisanat, le vrai, se reconnaît avec le coeur et avec l’âme avant de se juger au prix.

C’est aussi pour elles que je continue, que je tiens.

Et c’est maintenant de ces rencontres-là que j’ai envie de vous conter les histoires.

Les rencontres qui réchauffent le coeur et illuminent l’âme

Lors de ma toute première médiévale, une dame dans l’âge moyen s’arrête devant mon stand.
Elle observe mes créations avec attention, les yeux brillants, puis m’a dit avec un ton sincère et réfléchi, « vos prix ne sont pas si hauts que ça, si on compare avec les grandes enseignes. Et en plus, vous, c’est du fait main et ça se voit. Vous devriez même augmenter un peu vos prix, parce que vos bijoux sont d’une qualité rare et exceptionnelle. »

Ses mots m’ont profondément touchée, parce qu’ils venaient d’une personne qui voyait au-delà du simple objet.
Elle avait perçu le travail, la patience, la précision, la lumière et l’amour que je mets dans chaque bijou talisman-guide.

Ce style de rencontre fait chaud au cœur parce que c’est une reconnaissance sincère, une preuve que certaines âmes savent encore voir la valeur du vrai, du beau, du fait main.

Lors du premier Salon de la Femme où j’ai participé en mai 2025, une artisane d’une grande timidité s’est approchée de mon échoppe itinérante.
Elle observait longuement mes bijoux talismans-guides, sans rien dire, comme si elle cherchait à comprendre la manière dont ils existaient.
Puis, d’une voix douce, elle m’a dit, « vos prix sont élevés, mais ça prouve que vous avez confiance en vous, en votre travail. »
Je lui ai souri et répondu calmement, «mes prix sont justes. Ils reflètent mon travail, mon expertise, mes techniques professionnelles, le fait-main puisque je réalise tout moi-même et l’éthique, aussi bien dans les métaux que je travaille que dans les gemmes que je choisis. » Elle m’a regardée en silence, a hoché doucement la tête avec un sourire sincère, et j’ai senti qu’elle comprenait parfaitement ce que je disais.

C’était un échange simple, mais profondément respectueux, une belle reconnaissance entre artisanes, sans fard ni comparaison.

Lorsque la lumière reconnaît la lumière

C’était en juillet, lors d’une des médiévales estivales dont je participais.
Mon échoppe était dans une rue un peu reculée par rapport à la place du centre de la ville où la médiévale se déroulait.
J’étais en plein travail, concentrée, absorbée par la création d’un bracelet en cuivre à plusieurs rangs lorsque une famille est venue à ma rencontre.

La dame a été immédiatement attirée par mes pendentifs Potions des fées et Talismans des fées.
Je l’ai vue s’arrêter, regarder, ressentir, être appelée.
Puis elle s’est tournée vers son mari, les yeux brillants d’émotion, et lui a demandé s’il pouvait lui offrir l’un de mes pendentifs pour son anniversaire.

J’ai été aussi bouleversée et émue qu’elle.
À cet instant précis, quelque chose s’est ouvert.

Elle m’a regardée et m’a dit, avec une sincérité bouleversante, « je vous ai vue travailler. Absorbée par la création. Je me suis approchée parce que j’ai été intriguée par ce que vous faisiez. Et puis j’ai vu tous les trésors de votre stand. Vos pendentifs fioles m’ont totalement envoûtée. Quand j’ai passé ma main au-dessus, j’ai ressenti tellement de lumière, tellement d’amour… j’ai su que c’est ça que je devais avoir avec moi. »

Les émotions que j’ai ressenties à ce moment-là n’ont pas de prix.
Une immense gratitude m’a traversée, de la douceur, de l’amour.
Une bienveillance profonde, sincère, venue d’elle vers moi et revenue de moi vers elle.

J’en ai eu les larmes aux yeux.
Le cœur gonflé, rempli.

Elle m’a ensuite demandé si je pouvais personnaliser le pendentif Talisman des fées que son mari lui offrait en remplaçant le crochet en cuivre par de l’argent.
Un détail, peut-être, pour certains, mais pour moi, il s’agissait d’un acte de justesse.

Lorsque je lui ai remis son pendentif, j’ai vu dans ses yeux qu’elle était véritablement heureuse, pas dans l’euphorie, mais plutôt dans quelque chose de calme, de profond, d’aligné.

Ce jour-là, dans une rue un peu reculée, j’ai su, j’ai compris.
J’ai su que mon métier m’avait appelée, que j’étais destinée à créer.
J’ai su que ce que je crée touche, accompagne, éclaire.
Et j’ai su que, même loin du centre, la lumière trouve toujours son chemin.

Cette première vente a ouvert un espace, un espace de confiance, de reconnaissance, de justesse.
Et dans cet espace-là, d’autres âmes ont pu entrer, dont une, en particulier, avec qui le temps s’est étiré tout un week-end.

Elle savait

Lors de cette même médiévale en juillet, j’ai eu l’opportunité de converser avec une personne au grand coeur.

J’ai discuté tout le week-end avec une jeune femme d’à peu près mon âge.
Elle est venue vers moi alors que j’échangeais avec deux autres artisans autour de l’Histoire, des savoirs, de ce qui se transmet autrement que par les livres.

Elle s’est arrêtée à ma hauteur, a écouté. Vraiment écouté, pas distraitemen, ni en passant.

Puis, après un long moment, elle a pris la parole et m’a dit, avec une sincérité désarmante,
« vous avez une connaissance, un savoir poussé extraordinaire. Je bois littéralement vos paroles. Vous avez une manière d’expliquer digne d’une conteuse, vous transmettez votre savoir de la plus belle des manières. Et ça se voit dans vos créations. Ce sont des merveilles dignes de musées. »

Je lui ai souri, profondément touchée, et je l’ai invitée à se joindre à la conversation.

À partir de cet instant, il y a eu quelque chose de très clair, comme un appel d’une âme à une autre.
Les échanges sont devenus riches, fluides, inspirants.
Elle m’a parlé d’elle, de ce qu’elle traversait, de ce qui la faisait vibrer, de ses questionnements.
Je lui ai proposé de s’asseoir avec moi, pour être plus à l’aise, chose qu’elle a accepté.

Elle observait chacun de mes gestes avec une attention presque sacrée.
Elle buvait mes paroles, mes explications, mes silences aussi.

Elle est revenue plusieurs fois au cours du week-end.
Et le dimanche matin, elle est arrivée avec de quoi manger, de quoi boire, provenant de chez elle, pour partager.

J’ai refusé doucement.
Je lui ai expliqué que j’avais ce qu’il me fallait, que je ne voulais pas qu’elle se prive pour moi.
Elle m’a regardée, avec une lucidité qui m’a bouleversée, et m’a répondu, « tu donnes énormément sans jamais t’en apercevoir. Je peux au moins t’offrir un carré de chocolat, une brique de jus d’orange. »

À cet instant, j’ai senti quelque chose se poser en moi, parce qu’elle voyait, parce qu’elle savait, parce qu’elle reconnaissait, sans détour, sans attente, ce qui se donne au-delà de la matière.

Et ce genre de reconnaissance-là…marque, nourrit, reste.

Ce week-end-là m’a rappelé une chose essentielle, certaines rencontres naissent du dialogue, d’autres naissent avant même le premier mot.
Et parfois, il suffit d’être là, pleinement, pour être reconnue.

J’ai suivi votre lumière

Ce même week-end médiéval, je travaillais toujours sur le bracelet en cuivre multi rangs et en gemmes tout en fredonnant des chants celto-nordiques.
Très inspirée par ma création deux femmes se sont alors approchées de mon échoppe.

L’une d’elles m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit sans détour, « vous êtes une lumière.»

J’ai levé les yeux, surprise.
Avant même que je puisse répondre, elle a poursuivi, avec une évidence désarmante, « vous dégagez une aura incroyable. Une lumière pure, brillante, magnifique. Je vous ai vue du haut de la rue. J’ai suivi votre lumière. Vous êtes une femme magnifique. Ne changez jamais. »

Son amie a acquiescé aussitôt, «oui, c’est vrai. Elle me l’a dit tout en haut de la rue. Je la voyais en mission, elle vous cherchait. »

J’ai été profondément émue, parce qu’elles avaient vu, parce qu’elles avaient ressenti.

Il y a des mots qui traversent, ils sont dits parce qu’ils doivent l’être.
Ils ne flattent pas, ne cherchent rien.iescé aussitôt, «oui, c’est vrai. Elle me l’a dit tout en haut de la rue. Je la voyais en mission, elle vous cherchait. »

J’ai été profondément émue, parce qu’elles avaient vu, parce qu’elles avaient ressenti.

Il y a des mots qui traversent, ils sont dits parce qu’ils doivent l’être.
Ils ne flattent pas, ne cherchent rien.

Souriante, je les ai remerciées pour leurs paroles, qui m’ont touchée bien au-delà des mots.

Il y a des instants où tout devient limpide, où l’on sait, où l’on comprend.
Ce que j’ai vécu là en fait partie.

Je n’essaie pas d’être vue, je ne cherche pas à rayonner.
Je suis simplement, moi, présente, sincère, ancrée dans mon geste, dans mon travail, dans ce que je suis.

J’étais exactement à ma place, là où je devais être.
Je comprends pourquoi je suis ici, pourquoi j’exerce mon métier d’artisane joaillière-bijoutière engagée.
Et pourquoi je continuerai.

Quelquefois, sans prévenir, ce ne sont plus les bijoux que l’on voit en premier.
C’est ce qui les traverse, ce qui me traverse.

Ceux qui voient avec l’âme

En octobre, une autre rencontre m’a réchauffé le cœur.
Lors d’une autre médiévale, une dame en costume d’époque s’est arrêtée devant mon stand. Elle a pris le temps de tout regarder, de toucher mes bijoux, et j’ai tout de suite senti qu’elle percevait l’énergie qu’ils dégagent.

Elle m’a regardée avec un grand sourire et m’a dit, « vos bijoux sont magnifiques. D’une finesse, d’un réalisme… ils sont légers et tellement puissants. »

Ses mots m’ont profondément touchée.
Je l’ai remerciée avec un sourire sincère et elle a ajouté, « votre travail est exceptionnel. Et vos bijoux ne sont vraiment pas chers pour tout ce qu’ils portent, cet amour, cette lumière, cette douceur. Chez d’autres, on sent que c’est de la revente, qu’il n’y a pas d’âme. Les vôtres, eux, vibrent. »

Je ne sais pas pourquoi mais ses mots m’ont complètement bouleversée.

Elle a vraiment ressenti, c’était tellement troublant qu’elle puisse voir à travers mes bijoux comme je le vois lorsque je les fabrique, lorsque j’y pose des intentions.
Sa vue a transcendé, traversé la matière pour ressentir.
Elle a vu au-delà de tout, elle a vu avec son âme et son coeur.

Cette rencontre m’a rappelé pourquoi je fais ce métier car certaines personnes ressentent réellement la lumière que je transmets dans chaque bijou-talisman.
Et lorsque leurs yeux brillent de cette reconnaissance, c’est comme si, pour un instant, toute la magie du monde se reflétait dans un éclat d’argent et de cuivre.

Ce genre de rencontre ne se vit jamais isolément.
Lorsqu’une âme reconnaît ton travail pour ce qu’il est vraiment, elle appelle les suivantes.
Ce week-end-là, quelque chose était à l’œuvre, quelque chose de silencieux, de juste.
Et une autre rencontre est venue s’inscrire dans cette même trame.

Ce que certaines âmes voient immédiatement

En décembre, j’ai participé à ma dernière médiévale de Yule, ainsi qu’à deux marchés de Noël.
La médiévale de Yule à Orange fut particulièrement belle.
J’y ai retrouvé des amis artisans, mais aussi des passionnés de reconstitution historique nordique avec lesquels, j’ai partagé des moments simples, vrais, profondément humains ceux qui nourrissent le cœur, l’âme.

Et puis, il y a eu quatre rencontres.
Quatre présences.
Quatre rappels puissants de pourquoi je fais ce métier.

La première fut une jeune femme, au cœur et à l’âme d’une grande douceur.
Dès les premiers échanges, j’ai senti quelque chose de juste, d’aligné.

Lorsque mon terminal de paiement peinait à fonctionner à cause du réseau, elle a fait preuve d’une patience rare en m’apportant son aide.

Elle m’a commandé un pendentif Talisman des fées, que j’ai façonné pour elle sur place.
Le froid était mordant et mes doigts bleuis peinaient à obéir
En tentant d’ouvrir une fiole que je fabrique moi-même, tout comme ses bouchons, le liège s’est brisé à l’intérieur.
Une amie du Clan Blödorn m’a alors prêté main forte avec une pince.

Travailler dans ces conditions est difficile, mais cette personne avait un besoin précis, profond, et je me devais d’être là, entièrement.

Elle m’a parlé de ce qu’elle ressentait, la lumière, l’intention, le soin transmis par mes mains. Elle a perçu ce que je fais réellement, un travail de transmission, de guérison, d’accompagnement.

Je peux vous dire mon cœur a débordé de gratitude parce qu’elle savait, elle ressentait, sans que j’aie besoin d’expliquer.

Sans qu’elle s’en rende compte, j’ai glissé dans sa commande de petits présents façonnés de mes mains, pour la guider, la protéger et l’accompagner sur son chemin.

Lorsque l’on se reconnaît sans se connaître

Puis il y eut une mère et sa fille, arrivées presque à la fin de la médiévale.
Alors que je travaillais sous mon échoppe, en fredonnant doucement, la fille m’a dit ces mots que je n’oublierai jamais, « je vous ai ressentie. J’ai suivi votre lumière. Elle était chaude, bienveillante, accueillante. Et quand j’ai croisé votre regard, j’ai su. »

Elle parlait d’une reconnaissance profonde, intuitive, sans mental, sans détour.

Nous avons longuement échangé toutes les trois sur l’Histoire, les savoirs oubliés, la magie, les dimensions invisibles, le sens de mon art…

Elles ressentaient mes bijoux-talismans pour ce qu’ils sont réellement, des guides, des porteurs d’intention, des stimulateurs de confiance, des aides, des objets vivants façonnés avec respect, éthique et conscience.

Ces rencontres-là, je ne les oublierai jamais, parce que ces personnes comprennent, savent, ressentent véritablement.

Et c’est précisément pour ces personnes que je crée.
Mes bijoux ne sont pas des objets de consommation.
Ils ne sont pas faits pour être portés une fois, puis oubliés.
Ils portent une intention, une histoire, une énergie.
Ils accompagnent, protègent, apaisent, renforcent, éclairent, guident.

Lorsque je croise ces âmes-là, je me souviens pourquoi je refuse les compromis.
Pourquoi je ne brade pas, pourquoi je ne cède pas aux injonctions absurdes.

Je crée pour la lumière.
Et ceux qui la reconnaissent me rappellent que je suis exactement à ma place.

Une rencontre guidée par les signes

Au cours de l’après-midi, une dame m’a repérée de loin.
Je travaillais sur ma petite table de démonstration, sur de nouveaux modèles de bracelets en argent-cuivre éthiques.

Elle m’a apostrophée, « j’ai été attirée par votre emblème, votre logo. De loin, sans mes lunettes, je croyais que c’était un arbre de vie… mais en m’approchant, je remarque que votre emblème vous correspond tellement. »

Je l’ai remerciée et lui ai répondu, « effectivement, le logo de mon entreprise me correspond parfaitement. Il contient trois symboles anciens et puissants, qui ont une importance immense pour moi. Ils m’ont été transmis par rêves, comme un appel ancien. J’ai passé de longs mois à les travailler, à réaliser des croquis pour qu’ils correspondent véritablement à mon logo final. »

Elle m’a souri et ajouté, « je vois ce que vous voulez dire. On sent le gros travail derrière et qu’il a une signification particulière très intéressante. Je comprends que vous ayez ressenti cet appel… il vous sied à merveille. »

Je l’ai remercié chaleureusement pour son message que j’ai entendu non avec mes oreilles mais avec mon âme et mon coeur.
Elle s’est offert une paire de boucles d’oreilles Potion des fées car là aussi, elle a ressenti au-delà de la vue.

Après la rencontre si particulière autour de mon logo, où l’on sentait l’appel ancien et le lien avec l’âme, une autre rencontre, la semaine suivante lors de mon marché de Noël, m’a rappelé que mes créations sont des présences, des lumières, capables de toucher profondément les personnes qui savent voir au-delà de la matière.

Des bijoux qui parlent au coeur.

Lors de mon dernier marché de Noël, à la mi-décembre, j’ai eu la chance d’exposer dans un lieu d’une beauté rare.
Un domaine ancien, une cour entourée de végétaux et d’arbres, un écrin vivant.

Le froid était là, bien présent, surtout le matin et le soir, mordant, engourdissant les doigts. Mais pendant la journée, le soleil venait réchauffer les corps, et me permettait de travailler avec des mains qui répondaient, malgré tout.

Au cours de l’après-midi, une jeune maman et sa fille adolescente sont entrées sous la tente de mon échoppe itinérante.

Il suffit parfois d’un regard, celui qui dit on sait.
J’ai immédiatement senti que nous étions sur la même fréquence.
Elles ont pris le temps, le temps de regarder vraiment, de contempler mes bijoux talismans-guides historiques joailliers éthiques, sans précipitation, sans bruit.

Puis la jeune fille a parlé et ses mots sont venus du fond de son cœur, sans filtre, sans calcul, « wahou… c’est vraiment magnifique. Ce que vous créez de vos mains est splendide.
Ce sont des trésors, des lumières, dignes des plus grands musées
. »

Je l’ai remerciée, profondément touchée. Ce genre de paroles ne s’oublie pas. Elles ne flattent pas l’ego, elles reconnaissent le travail, la justesse, l’intention.

Sa maman a poursuivi, avec la même sincérité, « on ressent tout votre travail dans chacun de vos bijoux. C’est fin, soigné, profondément travaillé. Il y a beaucoup d’amour, de lumière, de bonnes ondes ici. Vous avez de l’or dans les mains. C’est incroyable, je n’ai jamais vu cela. »

Là encore, j’ai remercié car ces mots-là ne s’inventent pas, ils se ressentent.

Je leur ai alors expliqué mon travail, mon art, mes inspirations, l’immense travail de recherche que nécessite chaque pièce, que ce soit de l’idée au croquis, de la fabrication au brasage, du sertissage au montage final, mes recherches historiques, symboliques, énergétiques, pour que chaque bijou ait un sens, une cohérence, une âme.

Elles ont compris, ressenti, elles savaient.

Une commande personnalisée est d’ailleurs en cours autour de l’un de mes pendentifs Potion des fées.
Et la jeune fille est même revenue plus tard, accompagnée d’une amie, simplement pour discuter, poser des questions, comprendre davantage mon univers, mon chemin, ma manière de créer.

Ces moments-là sont précieux car ils me rappellent pourquoi je fais ce métier, pourquoi je refuse la facilité, la standardisation, la surconsommation, pourquoi je continue de créer des bijoux qui sont des présences, des guides, des lumières.

Certaines personnes sont passées, sans voir, sans sentir. Leurs mots étaient absents, leurs regards effleurants.
Elles laissent trainer derrière elles, un goût amer, notamment dans leurs jugements, critiques, leurs ricanements comme si tout mon travail, mon énergie, ma lumière n’existaient pas.
Ces instants-là piquent, un peu, mais ils font partie du chemin, ils rappellent que tout ce travail, cette énergie, ne sont pas pour tout le monde.

D’autres en revanche, se sont arrêtées.
Elles ont pris le temps de regarder vraiment, de voir, de sentir, de comprendre, de parler avec le cœur.
Ces personnes qui reconnaissent sans flatter, voyant au-delà de l’argent-cuivre, au-delà du bijou, touchant ce que j’ai mis de mon être, dans chaque pièce.
Leurs mots m’ont touchée profondément, déposés dans mon âme, dans mon cœur, ils résonnent encore. Des mots sincères, lumineux, remplis de chaleur, de douceur, de bienveillance, de vérités. Des éclats de chaleur qui restent, qui me nourriront à jamais car ils réchauffent, éclairent et me rappellent pourquoi, je continue.

Toutes ces émotions, les piquantes et les lumineuses se mélangent en moi comme dans un feu sacré.
Elles s’impriment dans ma mémoire et dans mon corps, comme un rappel que ce que je crée ne se réduit pas à des objets, mais que chaque bijou porte une intention, une cohérence, une âme, une justesse, une sincérité, une authenticité, une lumière même dans l’ombre.

C’est pourquoi je continue de créer, de transmettre, d’offrir à mes bijoux, ces petites présences, car ils portent des histoires, ds symboles, des énergies, des intentions.
Il sont des guides, des lumières, des aides, des stimulateurs de confiance.
Je continue d’espérer qu’ils toucheront encore d’autres cœurs, qu’ils feront ressentir, rêver, sourire puisque le véritable trésor, sont ces instants, ces rencontres, ces résonances, ces partages qui restent.

Avec amour, remerciements et bienveillance,

Virginie pour Le Chêne Enchanté.

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1 commentaire

  1. […] ne connais que trop bien ce mécanisme, je l’ai déjà décrit notamment dans mon article Les Perles des Médiévales — chroniques d’une artisane entre passions et absurdités.Il illustre parfaitement une chose.Ce n’est pas une incompréhension, mais bien une tentative […]

Répondre à 2025, une année d’ancrage. – Le Chêne Enchanté Annuler la réponse

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